Périple en Osona - 1 - de Sant Pere de Torello à Vic
Nous voilà partis, en ce début mai, pour un nouveau périple en catalogne espagnole dans la région d’Osona située dans l’arrière pays de Gérone, entre mer et montagne. Délaissant les grands axes, nous empruntons les petites routes de campagne qui traversent de pittoresques villages épargnés par le tourisme de masse qui sévit, non loin de là, sur la Costa Brava. Notre première étape nous conduit au sanctuaire de Bellmunt perché à 1246m qui surplombe le village de Sant Pere de Torelló et qui est, pour l’heure, perdu dans les nuages.
Le soleil catalan daigne dissiper un instant ces intrus pour nous révéler le sanctuaire qui abrite, outre une chapelle, un restaurant ce qui permet de pourvoir aux besoins des touristes en nourriture terrestre et spirituelle.
On peut y grimper à pied à partir de la plaine, mais notre programme du jour étant chargé nous amenons notre monture jusqu’au parking situé à 100mètres en contrebas du sanctuaire.
De là, une courte marche nous conduit au belvédère qui nous révèle un vaste panorama malheureusement ennuagé ce qui nous prive du spectacle de la chaine des Pyrénées que l’on devrait normalement apercevoir.
Vers le sud, la vue est encore moins dégagée mais elle n’est pas sans charme, les trouées de lumière dans les nuages créant un effet fantasmagorique.
Voilà un paysage à faire trouver beaux les nuages! Bon cela dit, on préfèrerait qu’ils ne s’attardent pas trop !
Après un déjeuner pris dans un restaurant de Sant Pere de Torello pour un prix «espagnol» imbattable de 15 euros vin et café compris, nous rejoignons le monastère de Santa Maria de Lluça, joyau de l’art roman.
Il a été édifié au milieu du XIIe siècle à partir d’une ancienne église paroissiale du même nom. Son autel est orné de magnifiques peintures sur bois qui datent de la création du monastère.
Il s’agit ici d’une fidèle copie, l’original étant conservé au musée de Vic. Picasso qui visita ce monastère en 1906 se serait inspiré d’un détail pour peindre les demoiselles d’Avignon et ouvrir ainsi une nouvelle période dans son art.
Il s’agit des visages de Marie et Marie Madeleine accolés l’un à l’autre et dont deux de leurs yeux se fondent.
L’élégant cloître surprend par sa forme trapézoïdale déterminée par le fait que les constructeurs ont suivi la forme d’une dalle rocheuse permettant de le protéger des tremblements de terre. Ceux ci se sont effectivement produits au XVème siècle et fait tomber le clocher sans toutefois endommager le cloître.
Les chapiteaux sont ornés de motifs végétaux et animaliers sans aucune représentation de scènes religieuses, ce qui laisse soupçonner une influence sarrasine encore prégnante à l'époque, celle-ci interdisant la représentation de dieu ou de scènes lui étant reliées.
Ce monastère possède aussi des peintures rupestres remarquables du XIVème siècle de facture très naïve mais de ce fait très émouvantes.
Jésus y apparaît ainsi sous les traits d’un rude gaillard genre «rugbyman» ce qu’il devait être et non pas sous l’apparence habituelle d’un blondinet fluet un brin efféminé avec ses longs cheveux bouclés. Cela dit pour marcher sur l’eau mieux vaut ne pas être trop lourd !
La scène représentant la visite des rois mages est particulièrement saisissante dans sa sobriété et rusticité où l’on voit Jésus sous l’apparence d’un fragile petit marmot emmailloté, lui qui va révolutionner le monde!
Cette autre fresque, plus récente, montrant Jésus sous un aspect plus conventionnel en compagnie de ses apôtres lors de leur dernier repas est une curiosité car il manque quelqu’un! Vous avez peut être trouvé qu’il s’agit de Judas, habituellement représenté une bourse à la main comme signe de sa trahison.
Nous rejoignons ensuite Vic où se trouve notre hôtel, capitale de l’Osona et ville de toutes les traditions qui se déroulent sur la superbe Plaça Major: sardanes hebdomadaires, fêtes et foires.
Nous promenant dans les ruelles de la ville, nous passons devant une très vieille catalane assise son éventail à la main qui profite de la fraîcheur vespérale.
La région d’Osona est est réputée pour sa charcuterie et nombreuses sont les boutiques dont les produits vous mettent l’eau à la bouche surtout quand approche l’heure du dîner.
La diversité des produits issus du porc est infinie et illustre bien le dicton «Dans le cochon tout est bon ».
Le soleil couchant illumine les beaux immeubles de la Plaça Major et les terrasses de café se remplissent car c’est l’heure où les espagnols se réunissent pour boire un verre de vin ou une bière en attendant le dîner qu’ils prennent plutôt vers les neuf heures! Quand on est touriste mieux vaut ne pas avoir l’estomac dans les talons car les restaurants ouvrent rarement avant huit heures!
Après avoir excellemment dîné au restaurant Amici Miei pour un prix très modique, nous faisons une virée digestive dans Vic dont la Plaça Major est désertée, la pleine saison touristique n’ayant pas encore commencée. Demain d’autres étapes nous attendent et je vous donne rendez vous à la semaine prochaine pour les découvrir.
A suivre…
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Je vous invite à écouter ma chanson
Tic Tac Tic Toc
sur le temps qui passe....
Sur mon blog Canta-la-Vida
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TEXTE & PHOTOS ULYSSE
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