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Virée dans le Gaillacois : 2 - Le festival des lanternes à Gaillac

 

 

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Je vous invite cette semaine à découvrir un spectacle unique en Europe : le festival des lanternes à Gaillac, spectaculaire illustration de la culture chinoise. On y voit d’innombrables lanternes de soie monumentales, cousues, peintes et collées sur des arceaux de métal représentant des personnages, des animaux et des temples et qui sont installées dans le vaste parc Foucauld qui surplombe le Tarn. En Chine la fête des lanternes célèbre la première pleine lune de l’année. Selon la légende, un dieu, pour punir les hommes de leur mauvaise conduite, envoya un dragon pour bruler la Terre. Un paysan eut alors l’idée d’allumer des lanternes pour lui faire croire qu’elle était déjà en feu. A l’occasion de cette fête les familles décorent la devanture de leur maison de lanternes et dégustent des boulettes de riz qui représentent la lune. A la nuit tombante tout le monde défile dans les rues en arborant les lanternes au bout de longs bambous. Gaillac étant jumelée avec Zigong (Sichuan), où le premier festival des lanternes est né, ses élus ont pris l’initiative d’inviter ce festival dans leur ville. 

 

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Un dignitaire de la dynastie Tang nous accueille. Au cours de cette dynastie (7ème siècle après J.C.) la Chine a connu son âge d’or, son rayonnement et son influence se sont étendus du Japon à la Perse et de la Mongolie à l'Inde. La nouvelle capitale, Chang'an, cité prospère et cosmopolite est devenue alors la plus grande ville du monde. L’ensemble des lanternes représentant des personnages et des temples illustrent cette période. Je vous les laisse découvrir, les ombres des visiteurs vous donnant une idée de l’ampleur monumentale de certaines lanternes….

 

 

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A noter que ces éléphants, à la différence des lanternes, sont constitués de tasses à café en porcelaine collées les unes sur les autres. La tour au centre est également recouverte d’assiettes en porcelaine…de Chine bien évidemment !

 

 

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Une caravane sur les routes de la soie…..

 

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 On découvre aussi de nombreuses lanternes animalières....

 

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  Dont certaines représentent l'animal fétiche de la Chine : le panda !

 

 

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Un hommage au symbole de la ville de Gaillac : le coq !

 

 

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Ainsi qu’à son vignoble

 

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Et maintenant place aux dragons de cent mètres de long envoyés par le dieu pour brûler la Terre !

 

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Ce spectacle qui a déjà reçu plus de 270 0000 spectateurs se termine le 6 février mais il devrait être repris l’an prochain (de décembre à février). Il est conseillé de réserver au moins deux jours à l’avance pour bénéficier d’un tarif préférentiel (16 euros au lieu de 20 tarif adulte) (www.festivaldeslanternes-gaillac.fr) et de séjourner à Gaillac le soir même ( une bonne adresse bien située  : chambre d’hôte les Combettes Mme Pinon 8 place St Michel Gaillac 05  63 57 61 48 ) Le bon plan est d’aller au spectacle à l’ouverture (18heures mais prévoir de faire la queue une demi heure avant) pour pouvoir déambuler sans trop de foule et d’aller ensuite diner vers 8heures 30 à la Table du Sommelier (34 place du Griffoul 05 63 81 20 10 ) en réservant à l’avance.

 

 A la fin de la semaine nous partirons pour un périple en raquettes dans le Queyras.....

 

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04/02/2019
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Virée dans le Gaillacois ! (1ère partie)

 

 

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On dit que les voyages forment la jeunesse mais ils permettent surtout de la conserver en stimulant à la fois la tête et les jambes, sans oublier les mandibules et le gosier dans leur aspect gastronomique. C’est pourquoi avec mes amis, nous partons  régulièrement en virée à travers la Gaule si belle et diverse, malgré les outrages que lui infligent certains de ses habitants (Je pense, en particulier, aux décharges sauvages et aux murs en parpaings bruts des village de mon département l’Hérault ). Nous voilà donc en route pour le Gaillacois, avec un objectif inattendu que je vous révèlerai dans la seconde partie,  et nous faisons une première étape à Mazamet nichée au pied de la Montagne Noire, au cœur du Parc Régional du Haut Languedoc.

 

Cette ville, après un riche passé textile, devint au XIXème siècle le centre mondial du traitement des peaux de moutons, en créant une industrie novatrice : le délainage, très vite associée à la mégisserie. Aujourd’hui, c’est un pôle économique actif axé sur la recherche et le développement du secteur privé. Témoin de ce dynamisme, l’inauguration en septembre 2018 d’une passerelle de 140 mètres de long qui traverse les gorges de l'Arnette à 70 mètres de haut et mène au village perché de Hautpoul qui a conservé un caractère médiéval.

 

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Pour y accéder, il faut d’abord se soumettre à une rude grimpette dans un superbe environnement forestier. Mais l’on est mille et une fois récompensé de ses efforts par la vue vertigineuse qu’elle procure (même par temps de brouillard) et la montée d’adrénaline que fait naître le léger balancement de la passerelle quand on la franchit .

 

 

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Après cette exaltante expérience rien de tel qu’un frésinat, ragoût du pays composé de viande de porc (collier), ail, persil, oignons et pommes de terre, dégusté dans l’excellent et magnifique restaurant le Grand Balcon situé au cœur de Mazamet.

 

 

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Puis nous faisons une halte à Castres, ville natale de Pierre Fabre (laboratoires pharmaceutiques) de Pierre Fermat (le grand mathématicien) et de Jean Jaurès et belle étape sur le chemin de St Jacques de Compostelle. L’un des sites les plus pittoresques de la ville est sans conteste l’alignement des maisons aux façades colorées au dessus de l’Agout.  Un arrêt s’impose également au chaleureux resto des halles situé à l’étage d’un élégant bâtiment inspiré des  anciennes halles de Baltard.  

 

 

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Nous arrivons à Gaillac qui s’étale sur la rive droite du nonchalant Tarn. Un grand nombre d’édifices de cette ville sont, à l’instar de sa prestigieuse voisine Albi, construits en briques, matériau très esthétique qui engendre de superbes variations chromatiques selon la lumière et les saisons. Son utilisation résulte de l’épuisement au XIIème siècle des carrières de pierres à proximité, au coût du transport pour les gisements plus éloignés et aux troubles liés à la guerre de Cent Ans.  

 

 

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L’imposante abbaye bénédictine St Michel édifiée au XVIème siècle avec ce noble matériau n’a pas pris une ride. Elle se dresse pimpante au dessus du Tarn et abrite en son sein une chaire et un chœur ornés de superbes sculptures ainsi qu’un grand orgue de Cavaillé-Coll, l’un des grands facteurs d’orgues du XIXème siècle.

 

 

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La porte de l’hôtel D’Yversen datant du XVIème siècle est un joyau certes  plus modeste mais qui mérite que l’on y jette un coup d’œil.

 

 

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Nous voilà partis sur les routes du gaillacois avec comme premier objectif le village perché de Puycelsi qui résista, et c’est un exploit, au siège de l’infâme Simon de Montfort.

 

 

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Ce pittoresque village (j'évite les autres) domine la riante vallée de la Vère où les hommes ont eu l’intelligence de laisser une place aux arbres, précieux alliés pour lutter contre l’érosion et préserver la biodiversité.

 

 

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Son habitat est constitué de maisons à colombages superbement préservées ou restaurées.

 

 

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En ce lieu qui fut un fief des cathares, l’église catholique a voulu affirmer son autorité en érigeant une église dont le clocher atteint 45 mètres !

 

 

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Tout aussi pittoresque et haut perché est le village voisin de Castelnau de Montmirail avec sa magnifique place aux Arcades où je vous recommande le restaurant du même nom. C’est l’occasion de goûter aux excellents vins du Gaillacois, l’un des plus vieux vignobles de France avec des cépages spécifiques : loin de l’œil, Braucol, Duras, Prunelart, Mauzac qui confèrent aux vins de cette région une grande typicité.

 

 

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Le nom de ce village (mont où l’on mire) vient des vues somptueuses qu’il offre sur les environs.

 

 

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Nous redescendons dans la plaine pour aller visiter Lisle sur Tarn qui fut un port très actif pour le commerce du vin et du pastel, hélas détrôné au XVIIIème siècle par l’indigo venu d’Inde, mais qui connaît aujourd’hui un renouveau. L’imposante église Notre Dame de la Jonquière témoigne de sa richesse passée.

 

 

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De même que sa grande place bordée de beaux immeubles avec des arcades.

 

 

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Nous achevons la première partie de notre périple par la visite de la majestueuse église de Notre dame du Bourg à Rabastens édifiée aux XIIIème et XIVème siècle et classée aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

 

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Les murs intérieurs et la voute  de l’église sont entièrement recouverts de somptueuses décorations et fresques murales.

 

 

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Cette dernière fresque fait sourire. Elle représente un ange pesant une âme manifestement destinée au paradis mais qu’un diablotin essaie d’entrainer vers l’enfer. A voir la mine réjouie du diable et celle renfrognée de l’ange, je me demande si le paradis des chrétiens est si désirable que cela. Je crains que l’on ne s’y ennuie comme un rat mort ! Alors profitons de la vie et n’ayons crainte de vivre dans le péché tant que l’on ne nuit pas à autrui !

 

Rendez vous au prochain article pour assister à un spectacle féérique :

le festival des Lanternes  de Gaillac !

 

Je pars faire de la raquette dans le Queyras une dizaine de jours et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

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25/01/2019
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Les salins de Gruissan

 

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Aujourd’hui, je vous invite à suivre Jonathan le Goéland pour nous rendre à Gruissan, antique et pittoresque village du littoral Audois, devenu célèbre en 1986 à la suite du film  « 37°2 le matin » de Jean Jacques Beineix qui comporte une scène d’amour torride entre Béatrice Dalle et Jean Hugues Anglade,  tournée dans l’un des chalets sur pilotis de la plage de ce village.

 

 

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Malgré cet accès de fièvre médiatique, Gruissan a conservé son authenticité et sa sérénité dont on s’imprègne au cœur des ruelles qui serpentent au pied de la tour de Barberousse. Cette tour est le seul vestige d’un château qui fut détruit sur l’ordre de Richelieu, pour prévenir toute velléité d’indépendance par rapport au royaume. Encore un  méfait de ce gredin que célèbre notre histoire de France écrite par les prosélytes du « Récit National ».  Le nom de Barberousse donné à la Tour viendrait d’un pirate qui écumait le golfe du Lion au XVème siècle et c’est en quelque sorte un pied de nez des Gruissanais au retors cardinal.

 

 

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De la tour, la vue est somptueuse sur les étangs qui entourent Gruissan au Nord et la Méditerranée qui le borde au Sud. Mais je vous déconseille d’y monter par un jour de Tramontane car votre tête  pourrait bien y jouer les girouettes !

 

 

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Au sud-ouest, s’étendent également des salins créés par les romains au 1er siècle avant notre ère, comme quoi le sel est effectivement un bon conservateur !

 

 

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Si une grande partie des salins sert aujourd’hui à produire du sel « industriel » récolté de façon mécanisée et destiné, en particulier, au salage des routes, on y produit aussi du sel alimentaire récolté à la main selon des méthodes ancestrales.

 

 

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Le sel est obtenu au terme d’un long processus de circulation de l’eau de mer - captée au large - d’un bassin  (partènement) à l’autre, afin d’augmenter la salinité de l’eau jusqu’au niveau (260 g par litre) où le sel cristallise. Autant dire qu’aucun poisson ne peut y vivre !

 

 

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De même, pas besoin de mettre son bateau à l’eau car avec une telle salinité, on flotte et on pourrait presque marcher sur l’eau ! C’est sans doute une salinité extraordinaire du lac de Tibériade qui explique l’exploit de Jésus.

 

 

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Si vous allez à Gruissan, je vous conseille de faire la visite guidée des salins,   site extraordinaire, qui vous permettra en outre d’être incollable sur le sel et de pouvoir ainsi briller en société (votre conversation ne manquera pas de sel !) ,

 

 

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On y apprend notamment la différence entre « salines » : qui définit les mines de sel terrestres (anciennes mers enfouies et asséchées), « salins » : lieux de production du sel en Méditerranée par assèchement progressif d’une masse d’eau de mer captée et « marais salants » : lieux de production de sel sur les côtes de l’Atlantique, alimentés chaque jour par les marées et où le sel est récolté quotidiennement par évaporation de l’eau apportée par la marée. Attention, je ferai une interrogation écrite la semaine prochaine !

 

 

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La circulation de l’eau entre les partènements est assurée par des écluses en bois qui résistent le mieux à la corrosion du sel.

 

 

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En hommage à Pierre Richard, qui possède et cultive un vignoble à Gruissan et contribue à l’animation et à la notoriété du village, les sauniers on planté une vigne symbolique le long du salin qui bien évidemment ne donnera jamais un grain de raisin !

 

 

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Mais si la vigne ne peut pousser en ces lieux, l’eau des salins prend la couleur d’un délicieux rosé sous l’effet des pigments que libère une algue, la Dunaliella salina. Le petit crustacé qui s'en nourrit, Artemia salina, fait les délices des flamants roses auxquels il donne une couleur rose à leur plumage. Sachez que plus un flamant mâle est rose et plus il est séduisant aux yeux des femelles. Ce n’est pas le cas chez les hommes, sinon les « britishs » seraient de redoutables séducteurs !

 

 

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Les nuages qui se reflètent dans ces étendues ‘vineuses’ prennent l’aspect des barbes à papa dont je me régalais enfant dans les fêtes foraines, mais je n’y mettrais pas la langue !

 

 

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En un endroit du salin, on récolte la fleur de sel qui, du fait de conditions particulières, naît de la cristallisation du sel en surface. Cette fleur de sel est très recherchée car c’est un excellent exhausteur de goût.

 

 

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Nous arrivons dans la partie du salin où l’on produit le sel alimentaire qui est  vierge de toute intrusion mécanique et expose sa magnifique virginité.

 

 

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Les goélands repus viennent y faire la sieste car ils y sont à l’abri des prédateurs.

 

 

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On  pourrait se croire au cœur d’un paysage couvert de neige, mais le soleil Méditerranéen dont l’intensité est décuplée par la réverbération dissipe toute illusion.

 

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Un troupeau de nuages qui envahissent le ciel et se mirent dans le salin confèrent pourtant au paysage un air de grand nord !

 

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Ainsi s’achève notre visite des salins de Gruissan, où est produit un or blanc autrefois essentiellement utilisé par l’homme pour conserver ses aliments, tanner les peaux et comme moyen d’échange. A cet égard, les soldats romains recevaient une partie de leur solde en sel « le salarium » (d’où dérive le mot salaire) produit impérissable qu’ils pouvaient échanger contre tout autre bien. Aujourd’hui le sel est utilisé dans de nombreuses industries et surtout il permet à tout un chacun de mettre à tout propos son grain de sel dans la conversation ! N’hésitez pas à mettre le vôtre au pied de cet article !

 

PS: Ne quittez pas les lieux sans aller vous délecter d'un repas de fruits de mer et poissons à la Cambuse du Saunier située au bord des Salins. 

 

 

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27/09/2018
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Balade à travers les siècles en Minervois

 

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Notre territoire est pétri d’histoire et quasiment tous les lieux évoquent les siècles passés, même le moindre champ, cultivé souvent depuis d’innombrables générations. Il en est ainsi de la cité de Minerve, bâtie sur un lieu déjà occupé par l’homme au moins mille ans avant Jésus Christ et où les romains avaient établi leur Xème légion. La cité telle qu‘on la voit aujourd’hui est née au XIIème siècle et était à l’époque sous le contrôle des vicomtes de Minerve.

 

 

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Edifiée sur un promontoire rocheux dressé entre les gorges du Briant et celles de la Cesse, deux rivières à sec l’été, Minerve était réputée inexpugnable.

 

 

 

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Les vicomtes de Minerve adhéraient au catharisme, religion chrétienne qui considérait que le Diable était le créateur de la Terre et qu’il fallait donc mépriser les biens de ce monde pour accéder au paradis. A ce titre les cathares condamnaient les richesses et la corruption de l’église catholique. L’assassinat du légat du pape par des cathares (ou des provocateurs !) amena ce dernier à lancer une croisade contre ces « hérétiques » à laquelle participa le roi de France, Philippe Auguste, qui y vit l’opportunité de mettre la main sur les possessions des seigneurs d’Occitanie acquis au catharisme.

 

 

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Minerve, comme bien d’autres villes d’Occitanie, fut  assiégée en 1210 par l’infâme et cruel Simon de Montfort.

 

 

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Bien protégée par les canyons qui l ‘entouraient, formidables défenses naturelles, Minerve résista vaillamment.

 

 

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Mais Simon de Montfort installa, sur la rive opposée des gorges du Briant, un trébuchet, nommé la Malvoisinne,  qui permit aux assaillants d’envoyer des blocs de pierre qui détruisirent le seul puits de la cité. Assoiffés, les assiégés se rendirent et cent quarante cathares qui refusèrent d’abjurer leur foi furent brûlés vifs.  Ils furent néanmoins vengés car Simon de Montfort fut tué en 1218 lors du siège de Toulouse par des pierres lancées par des femmes assiégées. Notons au passage que pour les cathares les femmes étaient les égales des hommes ! Les cathares exterminés, il a fallut plus de sept siècles pour que l’on en accepte de nouveau  le principe !

 

 

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Aujourd’hui cette cité, dont la protection est assurée par un étonnant chien de garde, accueille généreusement les touristes qui y trouvent grand plaisir à arpenter ses ruelles bordées de maisons médiévales et de restaurants où les gosiers ne restent pas longtemps insensibles aux délicieux crus du Minervois. Aujourd’hui à Minerve qu’on se le dise, on ne meurt plus de soif !

 

 

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Oubliés sont les temps de guerre et de famine et il règne dans les ruelles une atmosphère sereine propice à la méditation.

 

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De talentueux artistes contribuent par leurs créations à créer cet environnement paisible où l'homme est réconcilié avec le monde environnant.

 

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 Mais on sait hélas que dans la réalité il en va autrement !

 

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Aux visiteurs un brin aventureux, le site de Minerve réserve une étonnante curiosité : des ponts naturels creusés dans le sol par la Cesse que l’on ne peut visiter qu’en période « sèche » !

 

 

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Comme souvent devant les œuvres de la nature, on est sidérés par le fantastique travail d’érosion accompli par un cours d’eau au flux intermittent !

 

 

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Le premier tunnel (il y en a deux)  long de 228 mètres est encombré dans son milieu d’énormes tronc d’arbres qui illustrent la violence des flots à la période hivernale.

 

 

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Le site est enrichi de centaines de cairns édifiés par les visiteurs  qui ont souhaité y laisser une trace de leur passage, sympathiques et étonnantes oeuvres éphémères, à l’image de nos vies que le flot du temps un jour emportera !

 

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Certains cairns sont un véritable défi à la  gravité et ont demandé dextérité et  patience à leurs bâtisseurs !  Cela dit ces pierres doivent être ravies d’échapper un instant à leur destinée d’être  constamment piétinées ou roulées par des flots impétueux!

 

 

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Quittons Minerve pour nous rendre dans le hameau de Barroubio  d’où part un sentier qui mène à la chapelle du Trou dite aussi de St jean de Dieuvaille, perdue au fond du canyon éponyme creusé par un modeste torrent nommé Eglise ! 

 

 

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Je connais peu de lieux aussi isolés et sauvages et courageux sont les hommes et les femmes qui ont acheminé au fond du canyon les pierres  nécessaires à l’édification de la Chapelle ! Mais il est vrai que la foi soulève les montagnes.

 

 

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Le sentier qui y mène  traverse une forêt de chênes verts. Il est symbolique que leur feuillage toujours vert ombrage le chemin qui mène à un lieu célébrant l’immortalité.

 

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Pourtant, le sol en ces lieux n’est guère fertile et ne favorise pas l’éclosion des végétaux qui doivent briser la roche pour s’épanouir ! Penser à ne jamais traiter  de « légume » les gens paresseux !

 

 

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La puissance ahurissante dont fait preuve  ce chêne est à l’image de ce lieu envoûtant et baigné de spiritualité. Car là s’illustre à merveille le mystère de la vie qui s’est développée envers et contre tout sur cette planète, autrefois entourée de gaz mortifères !

 

 

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Nous arrivons à la chapelle, bâtie au XIIIème siècle sur les fondations d'un ancien ermitage. Ses bâtisseurs n’on pas « mégotté » et l’ont construite pour durer !

 

 

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Son délabrement intérieur n’empêche pas d’admirer son élégance et la fresque murale qui représente Saint jean et Saint Pierre.

 

 

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Saint Pierre est reconnaissable à la clé du Paradis qu'il tient dans ses mains. Cette clé énorme laisse penser que les portes dudit lieu ne sont pas en contreplaqué et que l'on ne doit pas facilement y entrer. Je suppose que depuis lors, St Pierre se faisant vieux,  le maître de céans a dû ajouter quelques caméras vidéos pour dissuader les resquilleurs dont la vie de patachon ne leur permet pas de bénéficier du fameux sésame ! Mais à vrai dire je m’en fiche un peu car je préfère passer mon éternité avec quelques  diablesses !

 

 

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Un charmant  - si, si, je maintiens le mot – cimetière jouxte la chapelle où les défunts semblent faire la sarabande vu l’état chamboulé de leurs tombes ! Mais qui peut les blâmer, sûrement pas les voisins qui sont à des lieux à la ronde !

 

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Ce cimetière est également le lieu d'un phénomène étrange. On y voit, en effet, un chêne vert planté près d'une tombe dont les deux premières branches suivent les deux bras de la croix qui l'orne. On a le sentiment que l'arbre, dont les racines doivent entourer le cercueil du défunt, manifeste ainsi sa sympathie à son égard. Mais je ne suis pas étonné car l’on sait maintenant que les arbres sont des êtres sensibles capables de compassion !

 

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Et puis on y trouve cette liane de salsepareille, friandise  des Schtroumpfs, ornant de sa guirlande de cœurs la ramure d’un arbre et qui semble nous dire que l’amour est l’énergie de la vie et qu’il faut en emplir nos cœurs pour que le monde soit vivable. A cet égard, je concluerai en citant un extrait du roman "Le coeur de l'homme" de Jon Kalman Stefanson qui fait partie d'une trilogie comprenant "Entre ciel et Terre" et " la tristesse des Anges", passionnante saga islandaise peuplée d'une foule de personnages bousculés par la vie, l'hiver, la mer, et leurs sentiments : "Nous ne savons jamais dans quelle direction la vie nous emporte, ne savons jamais qui survivra à la journée et qui y succombera, nous ne savons pas si le dernier adieu sera un baiser, une parole amère, un regard blessant, il suffit que quelqu'un ait un moment d'inattention, qu'il oublie de regarder à droite pour qu'il meure, et alors il est trop tard pour retirer des paroles malheureuses, trop tard pour dire pardonne-moi, trop tard pour dire ce qui compte, ce que nous voulions dire, mais que nous ne pouvions pas articuler à cause de notre cruauté, notre fatigue, notre routine, du temps qui manque, tu as oublié de regarder à droite, je ne te verrai plus jamais et les mots que tu m'as dits continueront de résonner en moi chaque jour et chaque nuit, et le baiser que tu aurais dû recevoir sèchera sur mes lèvres où il deviendra une blessure qui se rouvrira  à chaque fois que quelqu'un d'autre que toi m'embrassera." Aimons donc pendant qu'il est encore temps....

 

A la semaine prochaine pour d’autres merveilles….

 

 

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21/09/2018
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