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Deux petits Loups sur le Caroux

 

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Comme tous les chemins mènent à Rome, toutes les vacances des petits Loups les mènent sur le Caroux !  Ils y ont usé plus de chaussures  de rando que je n’ai bu de bouteilles d’eau dans mon existence ! (Bon, j’exagère un peu….). C’est ainsi que nous voilà, une nouvelle fois, partis à l’assaut de ce très vieux mais fringant massif en ce doux matin de début novembre.

 

 

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Arrivés sur le plateau sommital, nous sommes irradiés par le soleil automnal qui donne vie à nos ombres qui glissent silencieusement sur le sol. Romain d’une nature mystique (version ouistiti) communique avec le grand Manitou qui nous  gratifie d’une telle beauté.  A ce sujet, je note que pour les amérindiens, hommes de grandes sagesse et culture, Manitou était un « être mystérieux » qui représente le pouvoir inconnu de la vie et de l'univers, alors que pour nous gaulois matérialistes qui se préoccupent plus du coût d’un plein d’essence que du sort de l’humanité, Manitou est une société qui fabrique des objets de manutention. Tout est dit sur notre rapport au monde et la façon dont on traite la nature !

 

 

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Et pourtant que la montagne est belle, comme l’a chanté Jean Ferrat, et notamment le Canigou vêtu de sa parure d’hiver que l’on aperçoit à l’extrémité Est de la chaine des Pyrénées.

 

 

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En la contemplant, imprégné de la sérénité que ce spectacle procure, on songe au propos de Montaigne qui disait « Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà" et à celui de Pascal qui a renchérit en disant « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà ». Ces propos sont à méditer  en ces temps troublés ou, notamment sur les réseaux sociaux (ou plutôt associaux !)  chacun invective l’autre pour peu qu’il n’ait pas les mêmes convictions ou idées.

 

 

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En direction de la Montagne Noire, on découvre un océan de crème chantilly qui envahit la vallée, dont on espère qu’il ne va pas nous submerger. Certes, les Petits Loups adorent la crème chantilly sur les gâteaux mais malgré leur appétit d’ogre ils seraient bien en peine d’y faire face.

 

 

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Outre le fait que leur corps de pré-adolescent nécessite un surplus de calories, les petits loups n’économisent pas leur énergie, au contraire d’un bon nombre de leurs congénères qui ne font plus marcher que leurs pouces. Ils mettent un point d’honneur à grimper tous les rochers qui dépassent leur hauteur, ce qui peut paraître aux yeux de certains vain et inutile mais est quand même plus gratifiant que de passer son temps à dégommer des zombies sur des jeux vidéo.

 

 

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Nous descendons dans le vallon du Rieutort, modeste torrent qui a repris de la vigueur grâce aux pluies d’automne. Emilie, qui a les jambes de Marie-José Pérec, franchit l’obstacle sans difficulté sous les yeux de Romain plutôt perplexe.

 

 

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Mais Romain assure sans frémir attestant,  s’il en était besoin, qu’aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années.

 

 

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Après un pique-nique roboratif, le ciel se couvrant de nuages  menaçants, nous préférons emprunter l’itinéraire le plus court qui traverse la tourbière du Caroux sur des pilotis qui  permettent de garder les pieds au sec. Dans cette tourbière prospèrent les droseras, plantes carnivores qui, je vous rassure, n’ont jamais encore dévoré de randonneurs !

 

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Nous dirigeant vers la jasse (ancienne bergerie) d’Alingri, nous apercevons une plaque de neige qui a résisté à l’été indien.

 

 

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En moins de temps qu’il m’en faut pour me lisser les moustaches, les petits Loups sont à pied d’œuvre, prêts pour une bataille de boules de neige.

 

 

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Romain ouvre les hostilités en me visant, manifestant peu de gratitude vis à vis de celui qui a porté son pique-nique. Mais la reconnaissance du ventre n’est pas inscrit dans les gênes de l’humanité, sinon nous serions tous amoureux de notre réfrigérateur.

 

 

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Mais l’enneigeur se retrouve enneigé, Emilie venant au secours de son « paparazzi » préféré.

 

 

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La paix ayant été signée, nous reprenons notre périple et passons près d’un géant endormi dans un lit de genêts et de fougères. J’invite ceux qui pensent qu’il n’y a plus de géants sur terre, et donc que je fabule, à venir vérifier sur place. Mais qu’ils prennent garde car si le géant se réveille, ils auront droit à un sacré coup de pied au derrière.

 

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Laissant le géant à ses rêves, nous  pressons le pas car peu à peu le crépuscule envahit les vallées et confère au monde un aspect fantomatique. C’est l’heure où les mouflons vont sortir des bois profonds où ils se terrent par crainte de l’homme et aller se repaître d’herbe tendre. C’est l’heure aussi où les petits Loups vont sortir leur goûter des sacs profonds et se régaler d’une chocolatine. Le Caroux avec du chocolat il n’ y a pas mieux que ça ! 

 

 

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16/11/2018
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Trois petits Loups au cœur des volcans !

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L’été étant de retour pendant les vacances d’automne, nous emmenons les trois Petits Loups : Emilie, Romain (les nôtres)  et Tom (celui de Gibus & Marie) en vadrouille au cœur des volcans du Lodévois (région de l’Hérault) dont on aperçoit un beau spécimen dans le prolongement du chemin. Il s’agit de l’ancien volcan de la Roque, qui surgit dans le paysage, comme le Mont St Michel à l’embouchure du Couesnon. Je rassure les lecteurs peu familiers des lieux, qui s’inquiéteraient pour nous, que ce volcan, comme ceux qui l’entourent, sont aussi profondément endormis que les sénateurs lors des séances parlementaires.

 

 

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Mais avant d’aller escalader ce volcan, les Petits Loups, qui ne sont pas encore affectés par la léthargie adolescente, se défient à qui sera le premier en haut des monticules de « ruffes », ces cônes sédimentaires couleur lie de vin (à chacun ses références !) créés par la surrection des Pyrénées, qui ornent somptueusement  le paysage.

 

 

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Quel bonheur de les voir défier la Tramontane qui souffle à près de 50km/h ce matin là, espérant peut être secrètement réussir là où Icare a échoué : voler comme un oiseau ! Il est réconfortant de voir la jeune génération, que l’on dit avachie et décervelée par les réseaux sociaux et les smartphones (moi j’ai un ploucphone), reprendre à son compte les vieux rêves de l’Humanité.

 

 

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Grimper et dévaler les pentes, courir à perdre haleine, il n’y a pas de plus grand bonheur que d’imposer sa volonté à la loi de la gravité et de vivre ainsi  quelques instants en apesanteur. Notre esprit s’y fortifie et en tire une légitime fierté qui exalte notre conscience et notre relation au monde.

 

 

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Chevaliers sans peur ni reproche (enfin… ils ne sont pas non plus toujours sages comme des images !) les Petits Loups surplombent sans frémir les canyons creusés par l’érosion.

 

 

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La maman d’Emilie et Romain, d’une nature également aventureuse, part seule explorer ce canyon, alors que les Petits Loups continuent de batifoler aux alentours.

 

 

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Mais ayant surestimé ses capacités de grimpeuse, elle se retrouve coincée sous le rebord du Canyon.

 

 

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Etant aussi charitables que valeureux – bon sang ne saurait mentir – les Petits Loups accourent à son secours.

 

 

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Et ils la tirent de ce mauvais pas, montrant ainsi – s’agissant d’Emilie et Romain -  qu’ils ne sont pas rancuniers vis à vis de celle qui veille chaque jour à ce qu’ils rangent leur chambre et fassent leurs devoirs !

 

 

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Et notre petite troupe reprend ses pérégrinations dans un environnement où l’on ne serait pas surpris de voir débouler des cavaliers Apaches ! Mieux vaudrait d’ailleurs rencontrer ces amérindiens d’une haute culture que de balourds yankees trumpiens armés de leurs pétoires, triste symbole pour eux de la liberté !

 

 

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A force de tenter de devenir oiseaux, les petits Loups finissent par décoller, remarquable exemple de ténacité !   Il ne faut jamais renoncer à ses rêves !

 

 

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Etant revenus sur le plancher des vaches, nous prenons la direction du volcan de la Roque que nous avons prévu de grimper.

 

 

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Le sommet du volcan n’est pas très haut mais peu facile d’accès, ce qui ne rebute pas les Petits Loups qui ont franchi bien d’autres difficultés en compagnie de leurs pères-grands qui aiment aussi faire le « mariole » selon les mots de Tom ! 

 

 

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On y accède en traversant une dense haie de broussailles qui recouvrent un pierrier de rocs branlants, vestiges d’une ancienne coulée de lave.

 

 

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Mais nous voilà (presque) au sommet, sous la protection d’une statue de la vierge Marie que des croyants y ont édifiée,  espérant peut être dompter les colères de Gaïa qui a pourtant bien des raisons de vouloir se débarrasser de nous.

 

 

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De là, nous apercevons au loin un autre neck volcanique sur lequel est juché le château de Malavieille dont les Petits Loups ont déjà, dans le passé, fait le siège. 

 

 

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Mais si les petits Loups semblent infatigables, ils sont aussi affamés et nous nous installons pour pique-niquer dans une « salle à manger » que les ploutocrates milliardaires avachis dans leurs bunkers de luxe seraient bien en peine de s’offrir.

 

 

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Les batteries rechargées, nous poursuivons notre périple qui traverse le cours d’un torrent dont l’eau limpide se prêterait à la baignade s’il y avait plus de profondeur.

 

 

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Les petits loups se lancent le défi de passer le gué sans se mouiller les pieds.  Etonnants sont les enfants qui habituellement aiment patauger dans les flaques d’eau et bousiller leurs godasses comme l’a merveilleusement chanté Renaud ! Ils aiment faire le contraire de ce que vous attendez d’eux. Mais n’est ce pas ainsi que le monde évolue ?

 

 

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Pour revenir à notre point de départ, il nous faut franchir une série de collines de ruffes où les Petits Loups aimeraient bien une dernière fois se défouler . Mais des « nemrods » organisent une battue aux sangliers un jour de vacances, ce qui nous contraint à rester sur le chemin. Voilà comment un lobby caressé dans le sens du poil par les pouvoirs publics et qui ne représente que 2% de la population s’arroge le droit de restreindre la liberté de circulation pourtant inscrite dans notre constitution ! Je le dis et le redis laissons les loups réguler les populations d’ongulés et les chaperons rouges ainsi que  leur pères et mères grands pourront - contrairement à ce qu'affirme le calomnieux conte de Perrault -  se promener sans risque dans la nature.

 

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Nous arrivons toutefois sains et saufs à bon port et les petits loups contemplent une dernière fois le magnifique terrain de jeu où ils ont pu batifoler toute la journée. C’est bien mieux que Disneyland et c’est gratuit !

 

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09/11/2018
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Avec les Petits Loups au lac du Salagou….

 

 

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Les vacances d’automne provoquent une migration des petits loups à travers l’hexagone qui ne suscite aucune levée de bâtons des bergers d’opérette et des Nemrods ventripotents. Ceux-ci pourtant honnissent « canus lupus , pas seulement pour les prédations qu’ils l’accusent de commettre, mais parce qu’ils ont compris que cet animal est plus intelligent qu’eux ! Mes petits loups ne croquant pas de moutons dans les prés, mais sous forme de côtelettes dans les assiettes (où est la différence ?) j’ai pu les accueillir en toute quiétude pour les vacances. A peine étaient-ils arrivés que je les ai emmenés en balade, comme il se doit pour ces jeunes êtres plein d’énergie.  Pour notre première sortie, nous avons choisi la rive sud-ouest du lac du Salagou, la plus sauvage et la moins fréquentée, que les dernières pluies ont transformée par endroits en bourbier. Mais les petits loups ne sont jamais plus heureux que quand ils reviennent « crottés » de randonnée !

 

 

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De cette rive, nous jouissons d’une vue panoramique sur les « piochs », anciens volcans endormis depuis un à deux millions d’années,  mais qui n’ont sans doute pas dit leur dernier mot. Si cela se produisait, ce ne serait pas sans « maux » pour les générations à venir ! (Ah ! les subtilités de la langue française !)

 

 

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A leur sommet, on aperçoit le témoignage de leurs turbulences passées sous la forme d’orgues basaltiques dont seule la Tramontane, dans ses jours de grande fureur, arrive à tirer quelques sons !

 

 

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Les monticules de ruffes rouges dont est formé le paysage sont bien plus anciens que les volcans qui les ont chamboulés. Ils résultent, en effet, de dépôts sédimentaires laissés par des lagunes qui occupaient  les lieux il y a deux cents millions d’années et où pataugeaient les ancêtres des dinosaures. On trouve leurs traces fossilisées non loin de là sur la plaque de La Lieude . Ces monticules sont idéaux pour consumer l’énergie des Petits Loups dont c’est la nature de sans cesse courir juste pour le plaisir de se dépenser ! Plus tard on court après le temps et l’argent !

 

 

 

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Leur maman qui les accompagne et le vieux loup que je suis adoptent un train plus posé, l’expérience nous ayant appris que quand on veut voyager loin, on ménage sa monture.  Enfin, c’est le genre de truc que les vieux sortent aux jeunes pour masquer leur décrépitude !

 

 

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Mais peu importe l’allure à laquelle nous avons ascenssionné la pente (mais oui le verbe existe !) nous sommes tous récompensés du même fabuleux  panorama. On a peine à croire que nous sommes à 30km à vol d’oiseau des plages de la Méditerranée.

 

 

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Un cormoran « Robinson » s’est approprié une île qui lui offre un magnifique perchoir pour sécher ses ailes après ses parties de pêche. Car au contraire du canard dont les plumes sont hydrophobes, celles du cormoran sont perméables. Mais cette particularité lui permet de plonger plus profondément sous l’eau pour chercher sa nourriture.

 

 

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Les monticules de ruffes se succèdent et les petits loups qui font la course en tête veillent malgré tout à ne pas perdre leurs ainés qui ont l’immense mérite de porter le pique-nique !

 

 

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Leur mission est de trouver un endroit approprié pour nos agapes, ce dont ils s’empressent avec un zèle qui ne nous surprend guère vu leur capacité à vider en moins de deux le frigidaire.

 

 

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L’endroit qu’ils ont choisi se révèle idéal : Il offre une vue à 180° sur le lac  et se prête à la baignade.

 

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A vrai dire le lieu est déjà occupé par une pique-niqueuse : une écrevisse qui se délecte d’un poisson mort. Nous accueillons favorablement sa présence car elle atteste de la pureté des eaux.  Elle, semble moins ravie…. 

 

 

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Sans plus attendre, Emilie et moi nous jetons à l’eau, Romain plus hésitant veut s’assurer que l’écrevisse n’est plus dans les parages…

 

 

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Mais finalement pour ne pas perdre la face, il nous rejoint. Quand on s’appelle Romain, on doit se conduire comme un valeureux centurion !

 

 

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De jeunes arbustes semblent aussi apprécier l’eau du lac mais ne sachant pas nager, ils restent prudemment sur la rive.

 

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Dans ces lieux la nature révèle ses talents de coloriste en mariant harmonieusement le vert le rouge et le bleu qui sont trois couleurs complémentaires.

 

 

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Mais l’heure hélas tourne et il faut songer à prendre le chemin du retour.

 

 

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Il est des moments dans la vie que l’on voudrait prolonger, comme celui-ci, où l’on marche entouré d’une nature radieuse, dans une vibrante lumière automnale qui confère du relief au monde.

 

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Soudain un vrombissement nous fait lever les yeux au ciel. Un avion « Canadair » utilisé pour lutter contre les incendies vient faire un vol d’entrainement sur le lac du Salagou.

 

 

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Il glisse à la surface de l’eau pour y remplir ses réservoirs, opération qui demande une grande expertise.

 

 

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Le panache de vapeur d’eau qu’il provoque nous gratifie d’un bout d’arc-en-ciel

 

 

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Puis il reprend son envol sans que les mouettes qui se laissent bercer par les flots du lac –minuscules points blancs que l’on aperçoit sur la gauche -  aient manifesté une quelconque inquiétude. Résidentes des lieux, elles sont accoutumées à ce ballet aérien.

 

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Même les pêcheurs ne prennent pas ombrage des turbulences ainsi crées et poursuivent imperturbables leur quête d’une pêche miraculeuse. Carpe diem……

 

 

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02/11/2018
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Pic et pic et colégram (Fin)

 

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Dans la précédente note, nous vous avions laissés au sommet de la Pique d’Estats (3143m) le plus haut sommet de la Catalogne et aussi l’un des plus hauts sommets hexagonaux auxquels on puisse accéder sans escalade, dont je ne suis pas un adepte. Après avoir gravi précédemment le pic de Montcalm (3077m), il nous reste à faire l’ascension du Pic Verdaguer (3131m) que l’on découvre en face de nous et qui est le pendant de la Pique d’Estats. Le sentier qui mène au sommet est beaucoup plus confortable que celui de la Pique d’Estats, ce qui n’est pas pour déplaire à nos gambettes déjà bien sollicitées par nos deux précédentes ascensions.

 

 

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Nous arrivons très rapidement au sommet d’où l’on découvre la Pique d’Estats sous un angle inattendu qui révèle l’aspect pour le moins chaotique du chemin qui y accède. Il est onze moins dix et cela fait trois heures « pile » que nous sommes partis du refuge, ce qui pour les « vieillards » que nous sommes est une performance plus qu’honorable.

 

 

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Comme nous souhaitons profiter pleinement de cette magnifique journée en montagne, nous décidons de descendre dans le magnifique vallon du Sullo, lieu de passage pour se rendre en Espagne, à la recherche d’un coin pour pique-niquer.

 

 

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Nous évoluons dans un environnement grandiose qui révèle le passé tumultueux de notre planète. Ainsi découvre-t-on en face de nous la chaine schisteuse gris-blanc de Bassiès qui se télescope avec une chaine granitique que l’oxyde de fer teinte de rouge. On imagine le choc titanesque qui a dû se produire en ces lieux il y a quelques dizaines de millions d’années. On ne peut exclure que de tels séismes ne se reproduisent un jour. Il vaudra mieux alors renoncer aux randos en montagne !

 

 

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Nous arrivons dans le vallon du Sullo où les eaux émeraude d’un laquet semblent nous inviter à une baignade revigorante. Mais la proximité d’un névé et la bise un peu fraiche qui souffle dans le vallon ne nous incitent pas à succomber à la tentation. C’est là que l’on voit les effets insidieux des années qui passent car il y a cinq ans en ces mêmes lieux, Gibus et moi nous étions baignés dans le lac de Montcalm en grande partie recouvert par un névé.

 

 

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Nous choisissons l’une des rares zones herbeuses de cet univers minéral pour pique-niquer en vue de pouvoir s’adonner ensuite à notre traditionnelle sieste.

 

 

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Et nous avons le bonheur au cours de notre déjeuner d’apercevoir un isard guère inquiet de notre présence vu le promontoire rocheux qui le protège.

 

 

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Rassasiés et revigorés par un bref séjour dans les bras de Morphée - qui est un garçon rappelons le, mais à notre époque et à juste titre cela ne choque plus personne - nous décidons de rejoindre le sentier qui mène au refuge en remontant les névés qui occupent le fond du vallon.

 

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L’avantage des névés par rapport au chemin rocailleux emprunté à la descente est qu’ils ménagent nos chevilles. Mais l’inconvénient est qu’ils sont glissants et quand on ne s’appelle pas Gibus, né dans les montagnes, on patine lamentablement comme votre serviteur et l’ami Jo qui tentons laborieusement de le suivre .

 

 

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Nous sommes revenus sur le plateau où accède le sentier qui vient du refuge. Une longue descente s’offre à nous, tout aussi fatigante que la montée vu qu’elle est parsemée de rochers à dégrimper. Et les montagnards savent qu’il est tout aussi difficile de lutter contre la loi de gravité à la descente qu’à la montée.

 

 

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 L’eau qui vient des névés et du cœur des montagnes – qui sont d’énormes éponges - n’a aucun problème avec les descentes, elle se laisse couler en imprimant au fil du temps sa marque au passage. Peut être a-t-il fallu dix mille ans à ce maigre filet d’eau pour tracer ces sillons dans ce rocher. Que nos vies semblent brèves à l’aune du temps des montagnes !

 

 

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A l’approche du refuge, le sentier devient plus confortable. De petits nuages commencent à monter de la vallée, comme le message d’un chef indien qui nous souhaiterait la bienvenue. Nous commençons à avoir une pensée affectueuse pour les deux blondes « Heine » et « Ken » qui nous attendent au refuge.

 

 

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Enfin, nous touchons au but, un brin fourbus mais mentalement régénérés par cette journée sportive en haute-montagne. Pouvoir encore accomplir ses rêves est un privilège que nous apprécions et que je suis heureux de partager avec celles et ceux qui me lisent et qui n’ont plus la capacité de le faire.

 

 

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D’ailleurs, je bois à votre santé et vous remercie de votre fidélité à me suivre, mais je bois aussi à la mienne dont la vie de ce blog dépend. Je n’imagine pas, en effet, de vous raconter mes escapades en fauteuil roulant quand je serai en maison de retraite !

 

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 Le reste de la soirée se passe à contempler les nuages qui montent de la plaine et ourlent les sommets environnants.

 

 

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Les nuages, peu à peu, deviennent plus denses, conformément aux prévisions météo qui annoncent un temps couvert pour le lendemain. Ce qui ne nous soucie guère car nous avons prévu de redescendre dans la vallée.

 

 

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Effectivement, le lendemain matin nous redescendons dans un brouillard à couper au couteau !

 

 

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Par temps de brouillard le monde acquiert un charme étrange, chaque être ou chose étant réduit à une ombre fantomatique qui est en quelque sorte leur essence vitale.

 

 

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Revenus au niveau de la forêt de Fontanal, que nous avons traversée au départ, nous retrouvons le soleil dont les rayons illuminent le sous bois. Il nous reste environ deux kilomètres avant de retrouver notre charrette. Encore une belle virée ajoutée à notre compteur !

 

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26/10/2018
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Pic et pic et colégram....(1ère partie)

 

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NB : La météo exécrable qui sévit en Languedoc ne me permettant pas de gambader en montagne, je poste aujourd’hui le récit, tiré de mes archives, d’une course montagnarde faite en juin 2016 .

 

Ayant soixante dix carats cet été – sans m’en trouver plus riche pour autant – j’ai décidé de m’offrir pour mon anniversaire, car on n’est jamais si bien servi que par soi même vu que l’on est généralement la personne qui se connaît le mieux, une course en montagne avec mes copains Gibus et Jo. Outre le bonheur que procurent les randos en haute montagne, c’est aussi l’occasion de faire un bilan de santé en vérifiant si je suis encore capable d’enchainer l’ascension du Montcalm (3077m) de la Pique d’Estats (3143m) et du pic de Verdaguer (3131m) situés dans les Pyrénées ariégeoises au cours d’une matinée, comme Gibus et moi l’avons déjà fait il y a cinq ans déjà ! La météo étant favorable, nous voilà donc partis d’un parking au bord du ruisseau de l’Artigue situé à 1245 m d’altitude. Après avoir progressé une petite heure dans la dense et fraiche forêt de Fontanal, nous parvenons au niveau des estives où le soleil généreux combiné à nos efforts intenses nous fait très vite mouiller le « maillot ».

 

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Notre petit déjeuner n’étant qu’un très lointain souvenir, nos organismes fort sollicités par la lutte incessante contre la loi de la gravité - qui nous donne le sentiment que des farfadets ont malicieusement introduits quelques pierres dans nos sacs - réclament leur dû ! Nous leur obéissons derechef et leur fournissons sous forme solide et liquide les calories nécessaires à la poursuite de notre équipée. Sur ce plan nous sommes des montagnards exceptionnels, non pas tant par nos performances qui sont seulement honorables, mais par le fait qu’étant épicuriens dans la plaine, nous le sommes aussi sur les sommets et que toujours des flacons de divin nectar nous accompagnent, alors que la plupart des montagnards marchent (et pas, pour autant, plus vite) à l’eau de source. Mais nos mines réjouies et la bonne santé que nous affichons témoignent du bonheur qu’il y a à déguster un verre de vin blanc à l’aplomb d’une magnifique chaine de montagne dominée par la Pique Rouge de Bassiès (2676m) que nous avons gravie il y a quelques années.

 

 

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Après un courte sieste, qui fait aussi parti de nos intangibles traditions, d’ailleurs recommandée par le corps médical (l’un des rares points sur lequel je suis en accord avec ses prescriptions ) nous reprenons notre ascension à un rythme moins soutenu du fait de l’énergie mobilisée par notre organisme pour la digestion. Mais le paysage est tellement sublime que nous ne sommes pas humiliés de devoir adopter un train de sénateur. A vrai dire aucun de nos « très chers » élus ne serait capable d’avancer dans une telle pente. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas facile de randonner avec un déambulateur!

 

 

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Après avoir gravi 1200mètres de dénivelé, nous arrivons enfin au refuge du Pinet installé à 2245m au bord du lac éponyme.

 

 

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Une scène incongrue en ces lieux nous fait sourire : l’un des enfants des gardiens du refuge passe son temps à traverser le lac dans un superbe bateau gonflable bleu en s’imaginant peut être dans la peau de Vasco de Gama ou de Magellan. C’est réconfortant de voir un ado qui n’est pas contaminé par la folie de la chasse aux « pokémons » qui a saisi une bonne partie de la planète.

 

 

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Etonnante aussi est cette touffe de mousse qui a colonisé la partie émergée d’un rocher en s’adossant à deux cailloux, sans doute déposés là par la neige de l’hiver. Je suis toujours admiratif de la résilience de la nature qui nous survivra quand nous aurons détruit les ressources qu’elle nous fournit et qui nous permettent de vivre.

 

 

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Après avoir rafraîchi notre enveloppe corporelle dans l’eau limpide et tonique du lac, nous faisons de même pour notre gosier en l’aspergeant au jus de houblon, manifestant un œcuménisme fraternel en matière de breuvages festifs.

 

 

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Et puis histoire de compléter notre entraînement pour notre ascension du lendemain, nous allons faire un tour sur les mamelons rocheux qui dominent le refuge, seule manifestation d’une présence humaine à des dizaines de lieues à la ronde. C’est le charme des Pyrénées d'être, pour une grande part épargnée, par les usines à ski qui défigurent les Alpes.

 

 

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Le lendemain matin nous partons à la fraiche pour notre ascension en remontant le vallon encore ombragé creusé par le torrent d’Estats. Quelques plaques de neige subsistent ici et là qui vivent leurs derniers jours. Ce qui, nous l’espérons, n’est pas notre cas !

 

 

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Nous émergeons bientôt au soleil dans une zone caillouteuse où seules les balises nous permettent de repérer le chemin.

 

 

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La pente se fait plus raide mais nous avançons d’un bon pas, nos sacs étant plus légers que la veille car nous avons laissé notre « barda » de séjour au refuge.

 

 

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Puis nous entamons l’ascension du premier de nos sommets, le Pic de Montcalm (3077m) qui n’est qu’un immense tas de cailloux arrondi et dont le nom de pic est un peu usurpé !

 

 

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Dans la pente terminale notre souffle se fait un peu plus court et notre cœur se met à battre la chamade, mais la vue du cairn sommital nous insuffle un surcroît d’énergie.

 

 

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Parvenus au sommet nous dominons la chaine de montagne de Bassiès qui barre l’horizon vers le sud.

 

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Mais la montagne qui nous intéresse au premier chef est la Pique d’Estats (3143m) que l’on doit gravir et dont on aperçoit le sentier d’accès qui serpente sur son flanc nord. Ce sommet, le plus élevé de la Catalogne, marque la frontière avec l’Espagne d’où l’orthographe du mot « pique ».

 

 

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On aperçoit sur le sommet la croix sommitale et deux minuscules silhouettes. En face se dresse le pic de Verdaguer (3131m), qui est également à notre programme, mais dont l’ascension n’est qu’une formalité une fois que l’on a gravit la Pique d’Estats.

 

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Avant de faire l’ascension de ces deux sommets, il nous faut redescendre au col de Riufret (2978m), la descente offrant à nos organismes un bref répit, qui implique néanmoins un grande vigilance vu l’état du chemin.

 

 

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Et nous entamons l’ascension de la Pique d’Estats, bien plus pentue et chaotique que celle du Montcalm que l’on aperçoit en arrière plan.

 

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La phase terminale n’est qu’un amoncellement de rochers plus ou moins stables qui mettent à mal mes vieilles articulations. Mais celles-ci, qui ont franchi de bien plus périlleux obstacles, résistent à l’épreuve.

 

 

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Et nous arrivons au sommet le cœur battant mais aussi vaillants que de jeunes futurs mariés arrivant à la mairie. Pour les gens de mon âge, la montagne c’est notre « septième ciel » !

 

 

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Ce sommet est mythique pour les catalans qui doivent le gravir au moins une fois dans leur vie. La croix qui l’orne est d’ailleurs recouverte de drapeaux apportés par les grimpeurs. Une fois n’est pas coutume, je vous montre ma bobine - ce qui vous changera du dos et des gambettes de Gibus – pour vous donner une idée de ce que peut être le bonheur sur terre!

 

 

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En contrebas vers le sud, nous apercevons deux magnifiques lacs espagnols dont la seule différence avec des lacs français est que lorsque l’on y plonge ça fait « plof » et non «plouf»! J’en profite pour vous préciser que dans un lac anglais ça fait « splash », dans un lac allemand « platsch » et dans un lac néerlandais « ploef » ! Et si vous n’êtes d’aucune de ces nationalités, dans votre pays ça fait comment ?

 

 

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Au loin nous apercevons le Pic d’Aneto (3404m) le plus haut sommet des Pyrénées que je grimperai peut être dans une autre vie….

 

A suivre..

 

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Texte & Photos Ulysse

 


19/10/2018
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