Eldorad-Oc

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A l’assaut du Vissou !

 

 

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Pour moi il n’ y a rien de plus réjouissant en me levant que d’avoir devant moi la perspective d’une belle journée de randonnée. Car chaque randonnée est un défi et une aventure. Un défi, car avec les années qui passent inexorablement  - et j’en ai déjà presque 73 au compteur – l’énergie s’amenuise ce qui exacerbe la joie de surmonter les difficultés et amplifie ainsi le sentiment d’exister. C’est aussi une aventure, car les chemins sont riches de découvertes et de lieux, dont la diversité et la beauté nourrissent l’âme, mais aussi parfois de rencontres étonnantes et imprévues. Aujourd’hui, notre objectif du jour est de partir à l’assaut du Vissou, modeste sommet (488m) de la plaine languedocienne, mais dont la pente raide du sentier qui y mène va faire battre la chamade à nos cœurs !

 

 

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Le Vissou, vestige d’un ancien plateau calcaire érodé, abandonné par une ancienne mer, surgit au milieu d’un océan de vignes qui produisent l’un des vins qu’affectionnait le roi Louis XIV. Ce roi qui a ruiné la France a donc enrichi les vignerons du lieu qui lui en gardent une certaine reconnaissance.

 

 

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La très raide grimpette qui mène au sommet ne se prête guère à l’admiration du paysage comme le montre l’extrême concentration de nos épouses plus attentives aux  pierres du chemin qu’à la beauté environnante.

 

 

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A force de mettre un pied devant l’autre et de recommencer, le sommet finit par apparaître, provoquant une émission de dopamine euphorisante dans nos cerveaux.

 

 

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Le sommet est occupé par une harde de chèvres que notre présence indiffère et qui n’entendent pas nous laisser la place.

 

 

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Respectueux de ceux qui pratiquent la sieste, divine tradition, nous ne cherchons pas à les déloger. A vrai dire les cornes qu’elles arborent sont un parfait instrument de dissuasion.

 

 

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Une chèvre me dévisage du regard et je me demande à quoi elle peut bien penser en me regardant. Quel sentiment je lui inspire ? Comme j’arbore un  bouc, peut être me trouve–t-elle séduisant ! Mais bon on en restera là, n’est ce pas !

 

 

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D’ailleurs mieux vaut ne pas trop approcher des biquettes car le mâle dominant du groupe veille et il a des « arguments » qui font que l’on ne tient pas à défier son autorité !

 

 

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Nous laissons donc les chèvres à leur farniente, pour admirer le paysage dans lequel nous apercevons au loin le massif du Caroux, l’un de nos lieux préférés de pérégrinations.

 

 

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Nous poursuivons notre périple en descendant le flanc ouest du Vissou qui nous mène au Vissounet, petit mamelon situé dans le prolongement du Vissou, lieu idéal de pique-nique.  A cet égard, je précise que le choix d’un lieu de pique nique n’est pas une mince affaire et qu’elle se complique en proportion du nombre de convives : car il faut un lieu 1) offrant une belle vue 2) sans vent 3) avec des pierres où l’on puisse s’asseoir 4) et quand il fait chaud, de l’ombre pour ceux qui craignent le soleil 5) et quand le site s’y prête un torrent ou un étang pour ceux qui aiment se baigner. Si jamais un jour j’avais le courage d’écrire un guide, ce serait celui des plus beaux coins de pique-nique que j’ai fréquentés.

 

 

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Le Vissou est un lieu réputé dans la région pour les parapentistes qui viennent y évoluer dès que le vent y est favorable.

 

 

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Nous descendons sur le flanc ouest du Vissounet qui domine une zone où prospèrent les chênes verts. Il est réconfortant de découvrir à quelques encablures des rivages surpeuplées de la méditerranée des zones où la nature est préservée et vous donne le sentiment d’être seul au monde.

 

 

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Ayant contourné le Vissounet par le Sud nous retrouvons une zone de vignes plantées au milieu des cailloux qui illustrent l’extraordinaire capacité d’adaptation  de cette plante qui transforme l’eau et les sels minéraux de la Terre en nectars.

 

 

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Un magnifique chêne blanc a poussé sur le sentier qui longe les antiques murets de pierres qui bordent les terrasses où sont plantées les vignes. L’été venu il offrira aux randonneurs une ombre bienvenue pour y faire une halte.

 

 

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Parvenus presqu’au terme de notre périple, nous faisons halte près d’une capitelle d’où nous admirons  le Vissou  en nous étonnant, comme chaque fois, du chemin que l’on peut parcourir en mettant un pied devant l’autre et en recommençant toute une journée : une journée de bonheur à renouveler !

     

PS : Si vous êtes intéressés par ce circuit, vous le trouverez ICI

 

 

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 Texte,& Photos Ulysse

 

 

 


22/03/2019
22 Poster un commentaire

Balade bucolique et poétique autour du Pouget

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Pour me dépayser, je n’ai pas besoin d’aller bien loin de chez moi. En quelques tours de roue, je me retrouve dans une région de collines et de vignes qui fait penser à la Toscane. Pour la découvrir, nous partons « pedibus jambis » du Pouget, antique village perché sur une colline – l’un des plus vieux du Languedoc - dont le patrimoine immobilier témoigne de la richesse passée.

 

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Comme de nombreux villages de la région, Pouget a un animal totem  « Lou Boumian » apparenté à un lion et dont la légende comporte deux versions. La première raconte qu’à l’époque médiévale les pougétois furent longtemps insoumis à leur seigneur, ce qui leur valut le surnom de « bohémiens » qui se dit « boumian » en occitan. L’autre version raconte que la fontaine du village du XVIIe siècle crachait ses eaux par la gueule d’un lion nommé « le griffoul ». Chaque année, le jour du carnaval, les habitants enferment l’âme du griffoul dans un costume  à tête de lion – lou boumian -  porté par des hommes qui défilent dans les rues de la ville. Cette célébration commémore symboliquement la fin de l’hiver (Photo et source Site de la mairie du Pouget).

 

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Pouget est situé à environ cent mètres d’altitude sur une colline constituée des sédiments calcaires abandonnés par l’ancêtre de la Méditerranée. Les hommes ont pu ainsi y tailler les myriades de pierres nécessaires à la construction des magnifiques murs qui  bordent et soutiennent les multiples terrasses qu’ils ont excavées sur les flancs de la colline. Ces terrasses, autrefois cultivées, sont aujourd’hui  envahies par les chênes verts et les genêts.

 

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La maitrise de la taille et de l’appareillement des pierres dont sont faits les murs est très ancienne car l’on trouve dans le secteur l’un des plus beaux mégalithes languedociens : le dolmen de Gallardet, site funéraire ayant plus de cinq mille ans. Le tumulus qui entoure le dolmen est quasiment intact et permet de comprendre comment les énormes dalles qui le recouvrent ont pu être posées : en étant roulées sur des rondins de bois tirées par des groupes d’hommes.

 

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A l’intérieur l’appareillement des pierres impressionne par sa régularité.  Ce soin apporté à la construction témoigne du respect des hommes de l’époque pour leurs morts et sans doute d’une croyance dans leur survie dans l’au delà.

 

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Mais, à vrai dire, on sait peu de choses sur cette civilisation mégalithique qui n’a laissé hélas aucun écrit mais qui fascine par la hardiesse de ses monuments.

 

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Les arbres aussi sont fascinants qui révèlent d’extraordinaires capacités d’adaptation à leur environnement, comme ce chêne vert dont les racines ont pris appui sur le flanc d’un promontoire rocheux pour ne pas tomber.

 

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Outre le fait d’avoir plus de mégalithes que la Bretagne, le Languedoc est aussi le royaume des orchidées qui aiment les zones calcaires. Celle ci est en avance car nous ne sommes qu’à la fin de février, alors qu’habituellement elles fleurissent un bon mois plus tard, effet parmi d’autres du réchauffement climatique en cours.

 

 

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Je vous présente aussi ce pied de fragon (ou faux houx) dont on dit que c’est la plante du marcheur en vertu de ses nombreuses vertus médicinales. Ses racines sont utilisées dans le traitement de l’arthrite, des rhumatismes, des varices,  des thrombo-phlébites, des engelures ou pour traiter la mauvaise circulation et la formation de caillots sanguins dans les jambes. Mais, attention, par contre les baies sont toxiques !

 

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Autre petite merveille de la nature, cette parfaite spirale de la coquille du Zonite  d’Algérie, que l’on appelle aussi   « mange-merde » car il se délecte des déjections des autres animaux. Evitez donc de le ramasser si vous êtes amateur de cargolades !

 

 

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Voici que nous croisons un « gendarme » mais qui n’a aucune intention de nous verbaliser, trop occupé qu’il est à butiner une fleur de mauve royale, appelée également  lavatère arborescente. Cette fleur possède des vertus médicinales expectorantes et laxatives. Quand on connaît les plantes, la nature est une grande pharmacie !

 

 

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Levons les yeux vers l’horizon pour y découvrir ces vignes à perte de vue, formidables armées de ceps dont les nectars réjouissent le gosier et le coeur des hommes, quand ils les boivent, bien sûr, avec leur amie Modération !

 

 

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Il a fallu des siècles aux hommes pour façonner ce magnifique paysage où la présence, ici et là, d’un olivier, d’un cyprès, d’un mazet et de bosquets d’arbres révèle l’âme artistique et l’harmonie de cette civilisation méditerranéenne. Le cyprès que l’on aperçoit au loin au bord de la route m’a inspiré ce poème :

 

Un ardent cyprès,

Enfant de Babel,

Grimpe vers le ciel,

Si loin et si près.

 

Une antique route,

Traverse les vignes,

Et me fait un signe,

Qui apaise mes doutes.

 

Mon âme et mon coeur,

Assagis par l'âge,

Rêvent d'un voyage,

Sans but et sans heure !

 

 

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Cette beauté est, à cette saison, rehaussée par la floraison des amandiers qui bordent les chemins. Ils n’ont été généralement plantés que pour leur aspect esthétique car leurs amandes sont le plus souvent amères. Il est réconfortant de constater qu’Homo sapiens n’est pas toujours guidé par l’appât du gain ! Ce qui m'inspire un autre poème sur les amandiers :

 

Bel amandier,

Arbre espiègle,

Qui nous  piège,

Avec ses fruits tantôt sucrés,

Tantôt plein d'amertume,

Comme les agrumes,

Ou nos amours,

Certains jours !

 

 

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Dans cet arbre, la nature affiche sa prodigalité et sa munificence pour perpétuer la vie, chaque fleur étant un maillon de cette chaine vitale née il y a trois milliards d’années au coeur des océans.

 

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Heureux je suis de pouvoir fêter la fin de l’hiver en cheminant ainsi  au sein d’une telle nature, puis, de retour chez moi, de finir la journée en dégustant un verre du nectar qui en est issu. Boire du bon vin c’est déguster le vent, la terre, le soleil d’un pays !

 

Et pour finir, célébrons avec un dernier poème ce délicieux moment :

 

Par la magie subtile,

De la chlorophylle,

Le sang de la terre,

Coule dans nos verres,

Avec des arômes d'agrume,

De cerise ou de prune,

Et une robe dorée,

Rubis ou ambrée.

Levons alors nos verres,

Et mettons leur le cul en l'air,

Pour que s'ouvrent chers amis,

Les portes du paradis !

  

 

PS : Vous pouvez télécharger le circuit intitulé "Circuit du dolmen et du fossé des yeux " sur le site de la mairie du Pouget en cliquant ICI

 

 

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 Comme ce vendredi c'est la marche des étudiants pour lutter contre le réchauffement climatique je poste la chanson sur ce thème que je chante avec ma petite fille Emilie "Gaïa a le blues"

 

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 Texte, poèmes & Photos (sauf "le boumian" mairie du Pouget) Ulysse

 

 


15/03/2019
21 Poster un commentaire

Balade au bord de l’étang de l’Aute

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Après vous avoir emmenés, les semaines passées, crapahuter dans la poudreuse du Queyras, je vous convie à une balade plus reposante et dans une ambiance plus clémente au bord de l’étang de l’Aute, petite enclave de l’immense étang de Bages et Sigean, situé au sud de Narbonne. Nous sommes à la fin de février et il fait un temps de mois d’avril, les lauriers tains étant déjà en fleurs.

 

 

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Ces étangs d’eau salée, qui communiquent avec la mer, sont d’une grande richesse halieutique et loups et dorades y abondent encore (mais pour combien de temps ?) ainsi qu’autrefois les anguilles, avant que la surpêche ne les mène au bord de l’extinction. Nulle part l’homme n’est raisonnable et ne sait intelligemment gérer les dons de Gaïa, notre mère nourricière !

 

 

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C’est aussi le royaume de la sansouire, couvert végétal constitué de plantes halophiles (qui supportent le sel) parmi lesquelles figurent les salicornes que l’on peut consommer en salade et qui étaient autrefois utilisées pour produire la soude nécessaire à la fabrication du savon et du verre.

 

 

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Au cours de l’hiver, la sansouire prend une teinte rougeâtre qui illumine les rives des étangs. Outre leur kaléidoscope de couleurs, ces paysages de terre et d’eau sont fascinants car le monde s'y dédouble.

 

 

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Pour naviguer sur ces étangs aux eaux généralement peu agitées (sauf si la Tramontane se déchaine) et peu profondes, de simples barques suffisent mais dans lesquelles il vaut mieux ne pas trop chahuter !

 

 

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La Tramontane, que je viens d’évoquer,  peut être effectivement tempétueuse comme le montre ce bateau qui a été arraché de son arrimage et est venu s’échouer à une vingtaine de mètres sur une bande de terre.

 

NB : Je salue au passage le propriétaire du bateau que nous avons croisé et qui était en train de réparer son arrimage .

 

 

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Des filets attachés à de simples gaules et apparemment oubliés par des pêcheurs semblent, par la magie des reflets,  plantés dans le ciel .

 

 

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On voit aussi dans ces étangs des pêcheurs d’un autre genre, les flamants roses qui, lorsqu’ils ne dorment pas, passent leur temps à fouiller la vase à la recherche de crevettes, mollusques et algues qui font leur ordinaire. Leur couleur rose leur vient du carotène que contiennent ces algues. Chez les humains, les ados ont un comportement similaire  partageant leur temps entre le canapé et le frigidaire !

 

 

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Ces oiseaux sont très farouches et s’envolent dès qu’un humain s’approche d’eux, avertis, comme tout autre animal, de notre réputation de prédateur impitoyable.

 

 

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Heureusement pour eux que l’homme n’en a pas fait un gibier (le flamant rose  doit avoir un goût de poisson qui le rend immangeable, je suppose !) car leur envol est plutôt laborieux et ils ne pourraient échapper aux tirs des éventuels Nemrods.

 

 

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Mais une fois que ces oiseaux ont réussi à décoller, leur allure devient  aérodynamique et leur vol met en valeur le magnifique plumage rouge et noir de leurs ailes.

 

 

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Nous faisons une halte pique-nique au minuscule port Mahon où les bateaux semblent posés sur un miroir, aucune ridule ne venant troubler l’eau de l’étang.

 

 

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Au loin, vers la mer, un train passe sur la ligne de chemin de fer qui relie Perpignan à Montpellier, posée au ras des flots. Dans trente ans, si la Méditerranée monte de 50cm comme il est prévu, il faudra prévoir des trains amphibies !

 

 

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Le monde semble s’être complètement figé, les nuages eux même étant à l’arrêt comme saisis par un sortilège.

 

 

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Un pêcheur tente sa chance mais vu la limpidité des eaux il serait fort étonnant qu’un poisson se laisse attraper. Il en a probablement conscience et ce n’est sans doute qu’un prétexte pour venir, comme nous le faisons, se ressourcer dans cet univers empli de sérénité.

 

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08/03/2019
33 Poster un commentaire

Jour blanc pour aller au refuge de la Blanche

 

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Celles et ceux qui font ou ont fait du ski savent combien il est désagréable et risqué  de pratiquer ce sport quand le jour est « blanc » c’est à dire quand le ciel est couvert et que le brouillard envahit les pistes. Il faut alors avoir une très grande souplesse et réactivité pour ne pas se laisser déstabiliser par les irrégularités de la piste que l’on ne discerne pas. Quand on fait de la raquette en des lieux où il n’y a pas de piste damée, la difficulté lors des jours « blancs » ne vient pas du relief mais de pouvoir garder le cap que l’on s’est fixé. Sans aucun repère le risque est grand, en effet, de finir par tourner en rond comme les Dupond dans le désert dans « Tintin au pays de l’or noir » ! Aujourd’hui – notre dernier jour de raquette - le jour est malheureusement « blanc », mais il en faut plus pour nous faire renoncer à aller déjeuner, comme tous les ans, au refuge de la Blanche, soit une balade de « santé » de 18 km aller-retour et 500mètres de dénivelé. Quand on aime, on ne compte pas !

 

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Pour nous guider, il y a fort heureusement des bâtons plantés environ tous les cinquante mètres le long de la piste forestière qui y mène mais que l’on peine à discerner et quelques éléments de relief que nous connaissons bien pour avoir effectué ce parcours un grand nombre de fois.

 

 

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Après deux heures de marche, nous apercevons la chapelle de Clausis, ce qui nous confirme que nous sommes sur le bon chemin. Aujourd’hui les lieux de culte sont malheureusement fermés à cause des cancrelats qui les pillent ou les vandalisent, mais dans le passé, quand cette chapelle était ouverte, elle a dû servir de refuge à plus d’un berger, colporteur ou contrebandier (la frontière italienne n’est pas loin) lors d’une tempête inopinée.

 

 

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Nous grimpons en ahanant l’épaule rocheuse où elle est campée, la pente et la neige instable nécessitant un surcroit d’efforts.

 

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Les sommets qui ferment le cirque où est installé le refuge de la Blanche surgissent devant nous comme des fantômes. On a le sentiment que ces milliards  de tonnes de roches flottent dans l’espace ! A vrai dire, c’est toujours un étonnement pour moi de savoir que je marche sur une planète qui flotte aussi dans le vide !

 

 

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Après deux heures trente de marche « au radar » nous sommes soulagés d’apercevoir le refuge entouré de congères de neige.

 

 

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La seule vue de la salle à manger et des cuisines du refuge,  signe annonciateur d’un déjeuner montagnard roboratif, emplit notre âme d’aise. Il en faut peu à l’homme simple pour être heureux !  Pas besoin de villa de luxe, de yacht ou de compte en banque garni ….

 

 

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Un petit coup de blanc ……

 

 

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….suivi d’un verre de rouge  (voire deux) et d’une salade montagnarde suffisent pour être au Nirvana !

 

 

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Après avoir rendu hommage au Génépi de Marc, patron du refuge, nous prenons le chemin du retour ….

 

 

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….que seul les bâtons  qui le bordent matérialisent !

 

 

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Mais après une heure de marche de bâton en bâton à l’aveuglette, le brouillard se dissipe et la couverture nuageuse se déchire laissant apparaître un coin de ciel bleu.

 

 

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Un pâle rayon de soleil illumine la chapelle de Clausis que nous venons de contourner.

 

 

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Nous assistons alors à un fabuleux ballet de nuages poussés par le vent que le soleil, qui sombre derrière la chaine de montagne surplombant le chemin, poudroie peu à peu d’or.

 

 

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Le lendemain matin, nous quittons avec regret Prats Hauts, ce lieu enchanteur en nous promettant d’y revenir l’an prochain. Si mes récits vous ont donné envie d’y aller, cliquez ICI !  

 

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01/03/2019
32 Poster un commentaire

Heureux, comme des enfants, dans la tourmente !

 

 

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Lorsque l’on est enfant, la météo n’a pas d’importance, il fait toujours beau en vacances, même s’il pleut ! Car l’imaginaire de l’enfant l’emporte sur ce qu’il vit,  les flaques que crée la pluie sont des petits lacs où l’on va patauger, la neige est l’occasion de faire des batailles et des bonhommes de neige ou du toboggan ! Le sens du jeu fait oublier le froid. Mais plus on vieillit, plus le monde perd de sa magie, la pluie mouille, la neige gèle les pieds et les mains et salit les chaussures. Pour rester jeune d’esprit, il faut donc retrouver son âme d’enfant et jouir du temps qu’il fait, quel qu’il soit. C’est pourquoi, ce matin où il s’est mis à intensément neiger, incité par François notre guide sans peur et sans reproche, nous n’avons pas hésité une seconde à faire, comme prévu, notre virée en raquettes.

 

 

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Il est vrai que la dynamique de groupe aide les plus timorés à se décider à  affronter les intempéries. Les « hésitants » sont poussés par l’ardeur des plus volontaires. Et puis nous avons payé un forfait pour une semaine de raquettes et le souci de rentabiliser son forfait entre pour certains en jeu ! Une fois dehors, le choc thermique et le fricotis glacial des flocons de neige sur le visage en fait hésiter quelques uns. Mais il est trop tard, sous peine de déshonneur, pour faire marche arrière. La colonne s’ébranle, capuches baissées pour donner le moins de prise à la neige qui tombe presque horizontalement.

 

 

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Et très vite, la magie de la neige opère. Nous entrons dans un conte de fée ! Les arbres, hier sombres et lugubres silhouettes, deviennent de grands derviches tourneurs blancs et un silence céleste règne sur le monde où ne se fait entendre que le crissement ouaté de nos raquettes dans la poudreuse.

 

 

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Peu à peu les branches se chargent de neige jusqu’au point de rupture qui fait tomber sur le malchanceux raquetteur qui passe à ce moment là un tombereau de poudreuse.

 

 

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Les cynorhodons (graines de l’églantier) apportent une note de couleur dans cet univers blanc. Pour le raquetteur qui serait perdu et affamé, sa pulpe acidulée représente une mine de vitamine C, on en fait d’ailleurs une délicieuse confiture !  Quand j’étais enfant (à l’époque on savait jouer avec rien) nous mettions  les poils des graines non encore mures – que l’on appelle à juste titre gratte-cul - dans le cou des copains.

 

 

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La couche de poudreuse commence à être épaisse et réserve des chausse-trappes qui en piègent certains qui se retrouvent le cul dans la neige sous le regard amusé de la troupe ! Et il n’est pas facile de se relever quand le sol se dérobe sous vos mains et vos pieds ! Cela demande une certaine technique : si jamais cela vous arrive, chère lectrice ou cher lecteur, en nous suivant, mettez vous sur le ventre, croisez vos bâtons sur la couche de neige et appuyez vous dessus pour vous relever. Si malgré ces conseils, vous n’arrivez pas à vous relever, laissez moi un commentaire  je viendrai à votre secours.

 

 

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La fatigue se faisant sentir et les efforts ayant creusé notre appétit, nous rentrons déjeuner au chalet alors que la neige continue de tomber.

 

 

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Après le repas, nous sommes un peu moins nombreux à vouloir repartir. La neige continue de tomber à gros flocons et toute trace de sentier à disparu. La confiance totale dans la connaissance du terrain qu’a notre guide fait taire notre inquiétude. En montagne, l’hiver, il n’est pas rare que des randonneurs se perdent dans le brouillard ou la neige et meurent de froid pour ne pas avoir retrouvé le refuge.

 

 

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Nous évoluons dans un paysage de carte de vœux telle qu’on les envoyait avant que ne se développent les tristes courriels ou SMS par internet.

 

 

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Les flocons sont de plus en plus gros et nous donnent le sentiment qu’un essaim d’insectes nous harcèlent le visage.

 

 

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En passant en contrebas d’un mamelon, nous voyons le manteau neigeux se fissurer en raison de notre passage. Ce glissement limité est sans danger mais François nous indique que c’est ainsi que se produisent les avalanches sur les pentes plus accentuées et plus vastes, lors du passage d’animaux ou de randonneurs.

 

 

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Nous nous arrêtons un instant sous le couvert des sapins pour attendre les retardataires qui ont un peu décroché du groupe dans la montée.

 

 

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Nous reprenons notre marche en avant avec de plus en plus de difficulté, la couche de poudreuse approchant les 60 cm et nous obligeant à soulever à chaque pas un  bon kilog de neige, exercice idéal pour les fessiers !

 

 

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Puis vient le bonheur de la descente où une fois la technique maitrisée on a l’impression d’évoluer sur un tapis volant.

 

 

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Mais parfois, comme à skis,  on peut faire l’équivalent d’une faute de carre, la raquette se met de travers et plouf ! on plonge la tête la première dans la poudreuse où l’on disparaît ! Car oui, c’est bien le sommet du crâne d’un raquetteur que l’on aperçoit dans la neige !

 

 

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D’ailleurs après quelques instants, il émerge hilare de la poudreuse sous les regards rassurés et les rires du reste de l’équipe. A cet instant nous sommes une bande de vieux enfants  qui se rient de la tourmente !

 

La semaine prochaine : Jour blanc pour aller au refuge de la Blanche !

 

 

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22/02/2019
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