Eldorad-Oc

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Randonnées


Un vieil huron, de la neige, du blizzard et des œufs au bacon, c’est tout bon !

 

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 Etant parti en vadrouille cette semaine dans le « Gaillacois » je n’ai pas pu rédiger de note, aussi je réédite un article posté sur mon ancien blog il y a quelques années, alors que nous étions encore, mes amis et moi, de vigoureux gaillards prêts à affronter les pires  intempéries ! (Article que j’ai actualisé).

 

*****

La loi générale de l’évolution de l’univers est celle de l’entropie  qui fait, que tout se dégrade, tout fout le camp. C'est la rouille qui ronge le fer, le feu qui s’éteint, la vieillesse qui nous gagne, nos genoux qui se bloquent. En résumé l'entropie fait que tout passe, tout lasse, tout casse, c'est ce qui rend le temps irréversible, les dégradations inéluctables, la mort certaine. Dans une veine plus poétique, l'ami Léo a fait également le même constat dans sa superbe chanson "Avec le temps". Et c’est pour tenter de ralentir cette évolution, qui nous conduit  inéluctablement dans "le trou", si possible en riant et en dansant comme le chantait l’ami Jacques, que nous n’arrêtons pas de grimper les montagnes mes amis et moi. Nous pensons naïvement que plus haut nous serons perchés, plus longue sera la chute ! A chacun ses illusions ! Toujours est-il que nous voilà donc partis, Marie, Ghis, Jean-Mi, Gibus et moi, en ce matin de février,  à l’assaut du Caroux par le col de col de Bertouyre et le rocher de Luchet. A voir le barda que porte l’ami Gibus, vous comprendrez que le Caroux durant l’hiver n’est pas un endroit où l’on cueille des pâquerettes. La météo prévoyant des températures négatives et un vent à décrocher les oreilles, nous emportons un « cubi d’antigel »….Bon, tenant à l’estime de mes lectrices (mes lecteurs sont sur ce point plus indulgents) je précise que je plaisante et que le carton en question contient, non  pas un divin nectar, mais du petit bois pour faciliter le démarrage du feu, vu qu’une épaisse couche de neige recouvre le sommet des montagnes et donc le bois mort qui s’y trouve.

 

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Le chemin qui passe au pied du rocher de la Tour de Guet nous donne le sentiment d’évoluer dans un « shan shui », ces sublimes peintures de paysage de la Chine antique, que les artistes de la Chine « en toc » d’aujourd’hui seraient bien en peine de reproduire. D’ailleurs ce pays qui semble aujourd’hui si menaçant n’est qu’un immense château de cartes qu’une tempête sociale et écologique, un jour pas si lointain, emportera.

 

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Et là nous tombons sur une scène inhabituelle en ces lieux : un panneau signalant des travaux de réfection du sentier ! Et, effectivement, un artisan est à l’œuvre qui remet en état avec art et patience le sentier fortement érodé. Saluons ici l’initiative des pouvoirs publics, pas toujours soucieux dans notre région d’Occitanie du bon usage des fonds publics, comme en témoigne cet article de France bleu Hérault 

 

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Soudain nous entendons un tonitruant « Hugh ! » au dessus de nos têtes. Levant les yeux nous apercevons un vieil huron installé sur la pente et qui contemple l’horizon. « Hugh » lui répondons nous en chœur sans rien ajouter d’autre, n’étant pas familier du wendatA notre grande surprise, il nous réplique dans un français irréprochable : « Oh ! visages pâles, je vous déconseille vivement de grimper là haut aujourd’hui, c’est le grand chambardement ! Vous allez y perdre vos scalps ! ». Personnellement cette perspective ne m’inquiète guère vu que mon scalp est depuis longtemps resté accroché à mon peigne !

 

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Suivant son regard nous découvrons qu’effectivement les cimes sont, pour l’heure, balayées par la Tramontane qui soulève un voile de neige. « Nous sommes habitués et nous allons au refuge de Font Salesse où nous pourrons nous réchauffer » lui répond-t-on.  « Vous êtes courageux et j’implorerai Wacondah afin qu’il vous apporte sa protection. Mais comme aujourd’hui même les dieux sont faillibles, j’appellerai les secours avec mon portable (oui, même les vieux hurons ont des portables aujourd'hui !) si vous n’êtes pas redescendus à 17 heures ». Après avoir remercié ce noble et brave huron pour sa sollicitude, nous poursuivons notre ascension.

 

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Nous arrivons, sous un ciel encore clément, au col de Bertouyre situé à mi-pente. Nous y trouvons les premières traces de neige qui nous signalent que nous venons de franchir l’isotherme zéro degré et qu’il nous faut donc couvrir soigneusement nos extrémités les plus exposées au risque de gel. Il est donc préférable d’avoir satisfait à ses besoins naturels avant cette limite !

 

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 En prenant un peu d’altitude, le manteau neigeux s’épaissit, ce qui crée ce spectacle étonnant - propre aux montagnes méditerranéennes - de forêts de chênes verts arborant un magnifique feuillage, alors que le sol est couvert de neige.

 

 

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Parvenus à l’altitude d’environ 800 mètres, nous abordons un monde plus minéral. Nous sommes encore protégés du vent par le flanc de la montagne mais le ciel noir au dessus de nous, ne présage rien de bon sur ce qui nous attend.

 

 

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Les ramures des bosquets d’arbres dénudés dessinent de superbes arabesques qui illuminent le paysage. Qui osera dire que l’hiver est une triste saison !

 

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Un lapin des neiges nous regarde passer le cœur palpitant craignant de finir ses jours dans une casserole. Mais nous le rassurons en lui disant que nous avons largement de quoi nous sustenter et qu’il n’est pas prévu au menu.

 

 

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Parvenus au pied du rocher du Luchet, je vais rendre visite à mon copain l’arbrisseau, que mes lecteurs connaissent bien, et qui fait vaillamment front aux intempéries en haut de la falaise qui surplombe l’Orb. C’est la grandeur et la servitude d’être un arbre que de ne pouvoir échapper au lieu qu’a choisi pour vous le destin. Il y a aussi parmi les hommes des aventuriers un peu fous comme nous le sommes mais nous pouvons à tout moment rejoindre la chaude compagnie de nos congénères.

 

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 Nous parvenons enfin sur le plateau balayé par le blizzard et nous nous demandons quelques instants si nous n’aurions pas dû suivre le conseil du vieil huron. Mais l’heure sacrée du déjeuner approchant il est trop tard pour faire demi-tour. Nous décidons donc de poursuivre notre périple pour rejoindre le refuge situé non loin de là.

 

 

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La chance souriant toujours aux audacieux, nous tombons sur un arbre mort qui nous tend ses branches secourables pour alimenter notre feu.

 

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Gibus, ayant autant de ressources que les couteaux suisses (c’est normal vu qu’il est d'origine helvète !) utilise sa corde pour nous permettre de tracter plus aisément notre provision de bois. Vous devez penser que je profite habilement  d’être le photographe attitré du groupe pour échapper à cette corvée.

 

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Que nenni ! Ma photo faite, je prends part à l’attelage comme vous pouvez le voir sur cette autre photo prise par Marie. Et ne mettez pas ma parole en doute sous prétexte que l’on nous voit de dos. Vous pensez bien que mes copains, aussi sympa soient-ils, m’auraient mis ce midi là à la  diète si je ne leur avais pas donné un coup de main. L’amitié  n’est pas quelque chose qui va de soi, ça s’entretient !

 

 

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Pendant que nous ahanons sous le poids du fardeau, nos compagnes avancent tranquillement. Mais n’est ce pas quand la force sert la tendresse que le monde devient harmonieux !

 

 

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Nous investissons le refuge et sortons les victuailles liquides et solides de nos sacs. Au menu du jour nous trouvons : vin chaud, potage maison aux légumes, charcuterie, œufs sur le plat au bacon, fromage, pâtisseries, café, thé, chocolat le tout arrosé d’un Bordeaux et d’un vin du Languedoc. Qui dit mieux ? Et c’est beaucoup moins cher qu’à la Tour d’Argent où la tranche de pâté vous est vendue au prix de l’or !

 

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Si vous appréciez les œufs au plat et au bacon cuits au feu de bois, je vous invite à vous dépêcher car il n’en reste que trois dans la poêle !

 

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Pendant que nous déjeunions, le vent a redoublé de violence. Aussi avant de prendre le chemin du retour nous nous emmitouflons pour affronter la tourmente.

 

 

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La porte à peine ouverte, nous comprenons ce qui nous attend.  Des tourbillons de neige soulevés par la Tramontane balaient le paysage. Seul élément un brin rassurant (pas deux ! un !) le soleil arrive à percer les nuées ce qui crée une ambiance féerique.  Courageusement nous nous jetons dans la bataille comme des parachutistes se précipitent dans le vide.

 

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Ayant dévalé le long du rocher du Luchet, nous nous retrouvons à l'abri du vent. En approchant du bord du plateau nous  apercevons la plaine en contrebas, dont la brume qui la recouvre masque toute trace d’habitation. Nous avons le sentiment d’être des explorateurs qui découvrent un continent inconnu.

 

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Ayant basculé vers la plaine nous retrouvons des conditions définitivement plus clémentes et nous sommes heureux au passage de rassurer le vieux Huron sur notre sort.

 

 

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Arrivés au point de départ, le torrent d’Héric nous invite à y faire un petit plongeon, invitation que nous mettons un point d’honneur à accepter. Après le vent glacial du sommet, l’eau nous paraît presque chaude ! Bon j’exagère un peu, mais que vaudrait la vie sans un brin de folie !

 

 

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Texte Ulysse & Photos Ulysse, Jean-Mi (photos datées) et Marie

 


18/01/2019
25 Poster un commentaire

Des vieux genoux à l’assaut de la serre de Majous !

 

 

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Avec les années qui passent, parfois on se lasse de ce que l’on a aimé dans sa jeunesse. Ainsi ai-je abandonné le ski, le tennis, la course à pied, la cigarette, le whisky et les « petites pépées » qui m’ont pourtant apporté beaucoup de plaisir. Mais il y a une chose à laquelle je ne suis pas prêt de renoncer : c’est la marche à pied.  Et comme je suis entouré d’amis qui ont ce vice (marcher pour rien est considéré par certains comme une activité douteuse !) je ne manque pas une occasion de l’exercer. C’est ainsi que nous voilà partis en ce froid matin du 3 janvier à l’assaut de la Serre de Majous.

 

 

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Le dénivelé que nous avons à grimper ce matin est plutôt modeste mais, uno, le sentier qui part du village d'Andabre est plutôt rude et caillouteux, ce qui malmène nos vieux genoux et, deusio, nous sortons d’une période de festivité où les excès commis obèrent le dynamisme de nos organismes. A vingt ans, on peut se permettre de faire la bamboche et d’être le lendemain frais comme un gardon ou sautillant comme un  pinson. A notre âge nous faisons plutôt penser aux dindes ou chapons que nous avons engloutis !

 

 

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Notre esprit est également encore embrumé par les vapeurs des nectars « bacchusiens » avec lesquels nous avons dignement salué l’arrivée de la nouvelle année, car arrivant au col nous croyons voir une lionne  perchée sur un chaos rocheux. De fait, ce n’est pas un lionne, mais une panthère dont la pénombre avait masqué les taches et qui s’étant régalé de quelques mouflons, nous ignore totalement (Qui veut connaître la marque de mon champagne ?).

 

 

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Parvenus au col de Roquandouire, nous retrouvons avec bonheur le soleil, bien qu’avec la Tramontane qui s’en donne à cœur joie, ses rayons aient un effet plutôt esthétique que calorifique.

 

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Nous empruntons le sentier qui mène au refuge de Caissenols le Haut où nous avons prévu de déjeuner. Alors que notre belle planète va bientôt supporter 10 milliards de zouaves sapiens et que les mégalopoles de 30 millions d’âmes fleurissent aux quatre coins du monde (selon les dernières infos publiées sur les réseaux sociaux la Terre est non seulement plate mais aussi carrée) il est régénérant d’apercevoir une succession de chaines montueuses dépourvues de toute «cancrelatitude » humaine.

 

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Et il n’y a rien de plus rafraichissant que d’ouïr le glougloutis d’un modeste torrent où  la nuit venue la lune se baigne dans ses eaux cristallines et moirées. 

 

 

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Nous croisons un superbe houx qui s’est installé sur le bord du chemin. Ses fruits rouges (appelés drupes) lui donnent un air festif,  mais ils sont toxiques pour les humains alors que les oiseaux s’en régalent, l’aidant ainsi à disperser ses graines. Cet arbre est hétérophylle, ses feuilles pouvant avoir, à l’instar du chêne vert,  des formes diverses résultant de leur adaptation à l’environnement. Ainsi celles des basses branches sont épineuses pour se protéger des herbivores tentés de les brouter, et celles du sommet de l’arbre sont généralement plus petites pour limiter l’évaporation. Ses branches dotées de feuilles épineuses ont dû autrefois être utilisées comme martinet car elles sont à l’origine du verbe houspiller !

 

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Les arbres dénudés  permettent au soleil  hivernal, qui se hisse péniblement au dessus de l’horizon, de laisser trainer ses rayons dans le sous bois où ils illuminent mousses et feuilles tombées à terre. Tout est spectacle pour le promeneur attentif. La beauté est partout, à nous de la trouver !

 

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Nous parvenons au hameau en ruine de Caissenols le Bas. Ayons une pensée pour toutes ces femmes, ces hommes, jeunes ou vieux, ces enfants qui ont franchi, heureux ou malheureux, sereins ou préoccupés, la porte de cette maison aujourd’hui effondrée. En posant nos pieds et nos regards là où ils les ont posés, un lien secret se tisse avec eux. Ils ont été ce que nous sommes et nous serons un jour là où ils sont. En attendant profitons de chaque instant et mettons la fraternité au coeur de nos relations ! La violence et la haine sont des poisons pour l’esprit et le coeur et constituent une prison qui nous enferme dans nos fantasmes et obsessions et nous coupe des autres.

 

 

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Soyons admiratifs des mains qui ont choisi et ajusté les pierres de ces murs qui tiennent depuis des siècles et témoignent ainsi de leur passage sur Terre. Par contre quelle trace restera-t-il de nous quand Facebook aura fait faillite ?   (ce qui se produira bien plus tôt qu’on ne le pense !)

 

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Un esprit facétieux a posté un message pour un hypothétique facteur qui viendrait apporter aux fantômes de ce hameau des lettres qui se seraient égarées. Et pourquoi pas, vu qu’en 2015 une octogénaire de Trélon a reçu une lettre affranchie le 27 janvier 1877 et destinée à son arrière-grand-père.

 

 

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Et nous voici en vue de Caissenols le Haut, sis au pied d’un magnifique cirque de montagnes, où je vous ai maintes fois emmenés chères lectrices et chers lecteurs. Le soleil ayant dissipé les brumes matinales, une tempête de ciel bleu s’abat sur nous comme sans doute aucun Noooooordiste n’en a jamais vue !

 

 

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Nous nous installons dans l’idyllique refuge entretenu par une association de bénévoles (qu’ils en soient remerciés) et nous  y faisons un feu car si dehors le ciel est bleu, la température, elle, est glaciale !

 

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Et nous saisissons l’occasion pour boire à votre santé  et à celle de tous les êtres qui nous sont chers dont notre ami Gibus qui est de nouveau sur pieds, même si ceux ci sont encore un peu faibles ! Mais il lui suffira de quelques mois pour redevenir le mouflon qu’il était !

 

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Et c’est toujours sous une formidable tempête de ciel bleu que nous prenons le chemin du retour. Nous sommes seuls au monde dans un environnement sauvage, mais ce qui devrait nous réjouir nous attriste, car seuls nous sommes effectivement : pas de chants d’oiseaux, pas l’ombre d’un mouflon alors qu’il y a seulement quelques années nous en apercevions souvent sur ce parcours avec l’ami Gibus. Le constat est clair, par ses activités économiques effrénées soumises à la déesse « Croissance », par ses pratiques agricoles intensives et délétères, par l'artificialisation des sols et la fragmentation des espaces sauvages, par la chasse, le braconnage l’homme est en train d’exterminer les autres habitants de cette planète.

 

NB: Pour celle et ceux que le sujet intéresse le Commissariat Général au Développement Durable vient de publier ICI les chiffres clés (alarmants) de la biodiversité en France

 

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Mais pendant qu’il est encore temps, allons sur les chemins pour jouir de la beauté du monde,  la seule richesse qui ne s’épuise pas et qui apaise notre âme au lieu de la précipiter dans une quête incessante et narcissique d’auto-satisfaction.

 

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Le soleil décline et l’heure est venue de redescendre dans la vallée pour jouir d’un autre bonheur : celui d’une soirée passée avec des amis à refaire le monde autour de quelques bons nectars.

 

 

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  Canta-la-Vida

où vous traverserez l'ouest américain en écoutant

 

"Trop belle la fille du Motel"     

 

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Texte & Photos Ulysse

 


11/01/2019
31 Poster un commentaire

Entre vignes et bruyères autour de Cabrières

 

 

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On le sait, l’homo sapiens est chauvin. L’endroit où le sort l’a fait naître est le plus beau du monde. Ainsi les alsaciens pensent qu’il n’ y a rien de plus beau que l’Alsace et les bretons, les basques, les auvergnats, les corses etc…. pensent de même de leur région. Moi qui n’ai pas vécu où je suis né et ai pas mal voyagé, je n’ai aucun travers « chauvinistique » et je considère en toute indépendance que le département où j’ai choisi de m’installer pour finir mes jours (et accessoirement mes nuits !), l’Hérault, est le plus beau lieu du monde !  On y trouve en effet  rassemblés sur un modeste territoire tout ce qui fait le charme des autres régions : la mer, des montagnes, des volcans, des grottes, des plateaux rocheux aux vastes horizons, des châteaux, des mégalithes, des forêts et bien sûr des vignes ! Et aujourd’hui, je vous emmène faire le tour du terroir de Cabrières dont les vins étaient appréciés de Louis XIV. Et oui, ce roi scélérat, qui a ruiné la France et provoqué la mort de millions de gens par ses guerres incessantes, avait malgré tout bon goût en matière viticole !

 

 

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Mais avant de vous faire découvrir ce magnifique vignoble, nous grimpons sur l’un des monts qui entourent Cabrières, pittoresque village,  où se dressait autrefois un château qui défendait la région. Si le château n’y est plus, le lieu offre une vue magnifique vers l’Ouest sur le massif du Caroux, que les montagnards appellent « la montagne de lumière », car elle baigne dans une merveilleuse luminosité méditerranéenne. L’un de mes petits fils Romain, la dénomme « la montagne violette » car elle est couverte l’été d’une somptueuse toison de bruyères.

 

 

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De ce même lieu, on aperçoit vers le sud, la « grande bleue » qui à cette heure matinale est plutôt couleur or.

 

 

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Et pour compléter le spectacle, on aperçoit vers le sud-ouest, la masse imposante du Canigou et une partie de la chaine des Pyrénées blanchie par les premières neiges.

 

 

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Redescendant de notre promontoire, nous apercevons vers l’Est une partie du vignoble dont quelques vignes arborent encore leur parure de feuilles dorées par l’automne.

 

 

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Outre sa diversité de paysages, l’Hérault est aussi un paradis pour les géologues car la mer y a fait plusieurs incursions et cette région a été chamboulée par la surrection des Pyrénées et des Alpes il y a environ 50 millions d’années.  Des plaques sédimentaires ont été ainsi mises à la verticale ou retournées comme des crèpes, les sols plus anciens se retrouvant à la surface.

 

 

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La diversité du monde végétal n’est pas en reste qui voit se côtoyer des espèces méditerranéennes comme cette forêt de chênes verts et des espèces plus « nordiques » comme les hêtres ou chênes rouvres qui prospèrent sur les hauteurs. De fait, le département est un vaste patchwork de garrigues, de forêts, de steppes et de vignes.

 

 

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On ne dira jamais assez combien les arbres sont précieux. Ils abritent une extraordinaire biodiversité avec les oiseaux qui y nichent, les insectes qui s’y abritent, les mousses, lichens et champignons qui les recouvrent ou nourrissent leurs racines.

 

 

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Les pluies récentes ont transformé notre chemin en ruisseau qui abreuve une véritable jungle. L’hérault, par endroits, à aussi un air d’Amazonie ! (bon, là j’exagère peut être un peu !)

 

 

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Nous sortons des bois pour parcourir l’alignement de collines qui dominent le vignoble au Sud.

 

 

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Et bientôt nous jouissons d’une vue d’ensemble sur ce vignoble où prospère cette plante magique qu’est « vitis vinifera », domestiquée par l’homme qui a su en extraire un nectar à nul autre pareil.

 

 

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Les collines se succèdent et au bout du compte le dénivelé accumulé par nos gambettes est loin d’être négligeable. Une semaine de randonnées en Hérault équivaut à l’ascension de l’Everest !

 

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Comment ne pas vous montrer une nouvelle fois le Canigou nimbé d’une brume bleue et or. Cette brume crée un effet d’optique qui nous donne le sentiment que l’on pourrait le toucher du doigt en allongeant le bras !

 

 

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Mais il est temps de redescendre, l’ombre commençant à envahir le chemin assez sportif qui nous ramène au bercail.

 

 

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Nous traversons une zone où prospère la grande bruyère d’automne qui illumine le paysage. En face de nous se dresse le promontoire de l’ancien château que nous avons gravi le matin.

 

 

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Partout la nature affiche son étonnante et mystérieuse beauté. On dit que la parure des fleurs sert à attirer les insectes mais cela revient à dire que les insectes sont attirés par la beauté. La beauté nourrit la vie et morts-vivants sont ceux qui ne savent pas la voir.

 

 

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Et l'on retrouve cette beauté dans ces vignes dont les rameaux sont couverts de flammèches d’or. La feuille de vigne est cet instrument magique qui met l’énergie du soleil en bouteille. A votre santé les ami(e)s !

 

PS: Pour celles et ceux de mes lecteurs qui ont suivi mes aventures avec mon ami Gibus, j'ai de bonnes nouvelles concernant son état de santé. Il devrait être bientôt sur pieds, mais il faudra quelques mois pour le retrouver sur les sentiers, d'autant qu'il va poursuivre sa convalescence au soleil de la Guadeloupe ! Par solidarité je vous invite toutes et tous à boire un verre (de ce que vous aimez) à la santé de notre ami !

 

 

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Texte & Photos Ulysse

 

 


06/01/2019
36 Poster un commentaire

Avec les Petits Loups au pioch de la Sure

 

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Nous sommes le 24 décembre, les Petits loups, Emilie et Romain, et leurs parents sont descendus dans le sud pour la semaine de Noël et le frigo ayant été rempli pour le réveillon, nous partons faire le tour du pioch de la Sure au bord du Salagou dans une ambiance printanière. Plutôt inquiétant ce temps clément à vrai dire, car comme l’affirme un vieux diction paysan « Noël au balcon, Pâques aux tisons ! ».

 

 

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En ce lieu, on pourrait se croire sur la planète Mars pour une double raison : du fait des terres rouges qui nous environnent et, surtout, nous avons avec nous deux « ados » qui ont laissé volontairement leurs portables à la maison et qui prennent plaisir à marcher ! Ce sont des martiens vous dis je !

 

 

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Il est vrai qu’avec un tel paysage il faudrait avoir une âme de zombie pour marcher en pianotant sur son « smartphone ». Mais des « zombies » dans le monde il y en a de plus en plus hélas et l'on constate d’ailleurs souvent que plus le « phone » est «smart », de moins en moins par contre l'est celui qui le possède !

 

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Les  rives du lac Salagou sont un prodigieux terrain d’aventure où l'on chemine de canyon en canyon qui n’ont (presque ) rien à envier à leurs alter ego américains.

 

 

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L’exercice accroissant l’appétit déjà naturellement gargantuesque de sa jeune carcasse, Romain, part à la recherche d’un coin pour le pique-nique.

 

 

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Nous nous installons au bord  d’une crique où le clapotis de l’eau caressée par une tiède brise accompagne le bruit de nos mandibules. Ne manque que le « Tchin Tchin »  des verres car, pour l’heure, nous nous désaltérons avec nos gourdes, réservant les boissons plus festives pour le réveillon du soir !

 

 

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Mais si j’ai exceptionnellement exclu Bacchus de nos agapes, je n’entends pas renoncer à la tradition de la sieste. Hélas, les Petits Loups ne l’entendent pas de cette oreille et s’ingénient à me tirer des bras de Morphée.

 

 

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Après la pause, nous poursuivons notre tour du pioch, baignant dans une luminosité exceptionnelle qui confère à notre environnement l’ambiance « technicolore » des vieux westerns. 

 

 

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Prenant de l’altitude, s’offre à nous un majestueux panorama jusqu’aux Cévennes, nimbées d’une écharpe de nuages. Alors que certaines régions du monde sont surpeuplées et envahies par le béton et l’asphalte, il est vivifiant de pouvoir contempler d’aussi vastes espaces sauvages où les dégâts occasionnés par les hommes à leur berceau céleste ne sont pas visibles.

 

 

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Nous contournons le sommet du pioch dont le neck de basalte révèle l’origine volcanique. Peu de gens savent qu’il y a dans l’Hérault presque autant d’anciens volcans qu’en Auvergne, moins spectaculaires certes mais qui ont dans le passé sacrément chamboulé le paysage.

 

 

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Ceux qui aujourd’hui ont un tempérament « éruptif » sont nos deux ados qui se défoulent  sans mesure et essaient de s’affranchir de la gravité terrestre.

 

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Vous qui rêvez de dépaysement mais n’avez pas les moyens d’aller dans les contrées lointaines, venez en Hérault vous serez  étonnés par la diversité des paysages pour peu que vous aimiez marcher !  Et avec le prix d’une paire de chaussures de randonnée on fait dix fois plus de kilomètres qu’avec un plein d’essence !

 

 

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Nous achevons de faire le tour du pioch de la Sure et nous nous dirigeons vers le neck de la Roque, autre volcan qui domine le lac du Salagou. Deux volcans pour le prix d'un au Salagou, c'est beaucoup mieux que chez Afflelou ! 

 

 

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Des croyants ont fiché une croix dans le neck de basalte espérant sans doute  éviter un retour de flamme de l’enfer sous jacent !

 

 

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Ce réveil éventuel du volcan n’effraie pas les Petits Loups qui viennent y prendre la pause !

 

 

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Revenant sur nos pas pour rejoindre nos carosses, nous jouissons d’une vue panoramique sur le pioch de Sure dont nous avons fait le tour.

 

 

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Nous longeons le lac alors que le soleil couchant illumine les frondaisons automnales. La balade s’achève et nous allons rentrer faire le réveillon de Noël. Mais les Petits Loups ont déjà eu leur plus beau cadeau : une rando et un pique-nique dans un environnement de rêve !

 

 

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Je vous invite à aller écouter la chanson d'espoir que j'ai composée pour Noël 

 

 

 "Un monde meilleur" 

 

 sur mon blog Canta-la-Vida en cliquant sur le titre de la chanson

 

 

 

JOYEUX NOEL A TOUTES ET A TOUS

 

 Texte & Photos (sauf 1, 2 & 7 Sébastien) Ulysse   

 


25/12/2018
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Le Caroux par la piste des Aiguilles et du Rieutord

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Avec le chahut qui règne dans les plaines de la Gaule, initié par une hausse de prix du gas-oil (en 1789 c'était le prix du pain !) qui rend pourtant l’air de nos villes irrespirable, on n’a qu’une envie c’est de prendre la poudre d’escampette et d’aller respirer l’air des cimes ! Nous vous emmenons donc à l’assaut du Caroux plutôt bien loti en matière d’air pur, car à part les pets de mouflons, rien ne le pollue.  Plusieurs itinéraires sont possibles, mais celui que l’on a choisi aujourd’hui est l’un des plus sportifs : il commence par le sentier des Gardes, se poursuit par la piste des aiguilles et finit par la piste du Haut-Rieutord, soit mille mètres de dénivelé cumulé. Quand on aime on ne mégotte pas !

 

 

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Le soleil illumine les eaux bouillonnantes de l’Héric qui descend du plateau et le feuillage automnal des aulnes qui s’y baignent les pieds. Nous sommes le 4 décembre, il fait 17°, température hors norme, mais le monde continue comme si de rien n’était son train-train qui mènera nos descendants en enfer. C’est une version modernisée de la formule « Après moi le déluge ».

 

 

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L’intérêt de ce parcours est qu’il évolue en partie sur un balcon en forme de montagnes russes qui offre de magnifique vue sur les aiguilles rocheuses des gorges d’Héric.

 

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Outre la beauté du monde que la marche à pied vous permet d’approcher au plus près, au ras du sol, autour de vous et dans les airs, cette pratique vous fait aller à la rencontre de vous même, car elle teste votre courage et votre résistance.

 

 

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Nous grimpons en silence, le souffle court, la conscience amplifiée par l’effort. En montagne on lutte contre soi même et l’on se fortifie en se nourrissant d’air pur, d’amour de la nature et d’eau fraiche …en attendant le pique-nique !

 

 

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Ici, règne le silence minéral et bleu des cimes. Ici, bat sereinement le cœur de Gaïa indifférente aux stupides et vaines billevesées humaines.

 

 

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Ici, la vie sous toutes ses formes suit secrètement son cours comme cette coulemelle isolée, dont la présence nous interpelle : les atomes dont elle est constituée participent, comme les nôtres, au grand maelstrom qu’est l’univers. Qui, de nous ou elle, à le plus d’importance dans ce « jeu » mystérieux ?

 

 

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Peu à peu, nous progressons en altitude et arrivons en surplomb d’une aiguille rocheuse aussi décrépite que nous le sommes! Mais je ne me fais pas d’illusion, elle sera encore debout, quand je sucerai les ceps de vigne par la racine.

 

 

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Je salue au passage le remarquable dévouement des agents pisteurs bénévoles qui balisent les itinéraires qui seraient difficiles à suivre sans leur intervention. Nous cheminons en effet la plupart du temps dans des chaos rocheux où notre passage ne laisse aucune trace.

 

 

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Il arrive même parfois que la « piste » soit ensevelie sous un éboulement rocheux, fréquent en ces endroits. Il faut simplement espérer qu’il ne s’en produise pas un au moment où je passerai quelque part, sinon ce serait la fin de ce blog. Mais bon, seuls mes amis, mes proches et quelques vignerons pleureraient ma disparition !

 

 

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C’est à cet endroit que nous traversons le Rieutord, modeste torrent qui se jette dans l’Héric, opération un peu délicate du fait de l’éboulement rocheux, mais une rando sans risque est un peu comme un pique-nique sans nectar.

 

 

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Parvenus sur le plateau sans encombre, mais avec la faim au ventre, nous nous installons pour pique-niquer face à un somptueux panorama qui va jusqu’à la Méditerranée.

 

 

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A vrai dire nous ne sommes pas seuls à contempler le paysage, car un vieux chef amérindien, qui a fui le pays des yankees, s’est réfugié en haut d’une falaise et passe ses journées à admirer son nouveau royaume.

 

 

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Le temps un peu menaçant, nous fait renoncer à nous allonger quelques instants avec Morphée, et nous entamons la descente vers les gorges d’Héric.

 

 

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Les arbres s’étant débarrassés de leur toison de feuilles pour se mettre en hibernation, leurs ramures dénudées révèlent un paysage qui nous est caché l’été. On peut passer plusieurs fois par un même chemin, on ne fait jamais la même balade.

 

 

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Une feuille sur un jeune rejet de châtaigner fait de la résistance et se gorge des rayons du soleil dont ses consoeurs de la canopée l’ont privé pendant l’été.

 

 

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Avec les feuilles, la pluie aussi est tombée en abondance sur les massifs et les ruisseaux, qui étaient à sec, revivent et accompagnent notre descente de leur chanson douce.

 

 

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Dans le sud, tous les arbres ne sont pas logés à la même enseigne car certains d’entre eux ne se dénudent pas l’hiver, non pas par pudeur, mais parce-que leur frondaison se renouvelle tout au long de l’année comme les chênes verts qui colonisent ces monts. Cette particularité est due au fait que ces arbres n’ont pas besoin d’économiser leur énergie, le froid étant moins rude que dans le nord.

 

 

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Nous passons devant une jolie cascade de l’Héric qui tombe dans une vasque émeraude qui confère au lieu une ambiance quasi tropicale, mais cette apparence est trompeuse car l’eau du torrent a une température idéale pour préparer un pastis!

 

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Ce que nous vérifions au demeurant très vite, fidèles à notre tradition qui veut que nous ne passons jamais près d’un cours d’eau ou d’un lac sans nous y baigner quelles que soient les conditions climatiques ! C’est notre test de vitalité ! Le jour où nous n’en serons plus capables, nous serons bons pour l’Ehpad !

  

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Texte & Photos Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

 


14/12/2018
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