Eldorad-Oc

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Randonnées


Sublime Albine !

 

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Chaque fois que je pars en randonnée, j’éprouve un sentiment de gratitude pour tous ceux qui, au cours des siècles passés, ont consacré leur existence à tracer des chemins à travers monts et vaux, pour développer leurs cultures ou aller faire paitre leurs bêtes. C’est grâce à leur travail de titans que nous pouvons baguenauder dans les moindres recoins, les endroits les plus sauvages, de notre beau pays. Aujourd’hui, nous retournons à l’assaut du Caroux en empruntant le sentier du col de la Pomarède qui dessert les châtaigneraies dont l’exploitation est malheureusement abandonnée. Le feuillage n’a pas encore atteint son maximum de densité et le vert en est encore tendre, ce qui permet au soleil matinal d’illuminer le sous-bois. Stimulés par cette ambiance magique nous marchons d’un bon pas.

 

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Nous passons près d’un « sécadou » en ruine qui servait à faire sécher, au moyen d’un feu de bogues, sur un plancher à claire voie, les châtaignes qui constituaient un aliment essentiel de la période hivernale dans de nombreuse régions, jusqu’au début du XXème siècle. On appelait d’ailleurs le châtaignier « l'arbre à pain » mais aussi « l'arbre à saucisses » car les châtaignes servaient également à l'alimentation des porcs.

 

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Nous abordons une zone plus montueuse et rocheuse et le sentier devient plus pentu mais aussi plus incertain et les cairns sont les bienvenus. 

 

 

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Nous arrivons en vue de l’Albine, la plus haute (80m) et plus belle cascade du Caroux, toujours sublime bien qu’elle soit fortement amaigrie par un hiver et un début de printemps anormalement secs. Ce déficit de précipitations, qui tend à se répéter d’une année sur l’autre, menace la survie de nombreuses espèces d’arbres dans le massif, dont notamment les hêtres et les châtaigniers, ainsi que de la faune (mouflons, cervidés) qui risque de manquer d’herbes à brouter et d’eau pour se désaltérer.

 

 

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Ce bas étiage de l’eau nous permet de facilement la traverser. En période de hautes eaux, l’exercice est périlleux et le risque est grand d’être projeté sur les énormes rochers qui en obstruent en partie le cours, ce qui est toutefois mieux que d’être précipité dans le vide ! La randonnée n’est pas toujours une affaire de tout repos !

 

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Pour sortir de son lit encaissé, il nous faut gravir un ressac rocheux, excellent test pour notre agilité et la souplesse de nos articulations que je passe sans difficulté. Cela me rassure car le chiffre sur mon compteur (73) commence à être honorable. Il y en a des plus jeunes qui s’essoufflent rien qu’à monter dans leur gros S.U.V. !

 

 

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Puis nous finissons notre ascension en empruntant la piste plutôt sportive du Garel qui fait battre la chamade à nos cœurs comme si nous avions un rendez vous galant. A nos âges, pour les émois, la montagne remplace la bagatelle ! A l’approche du plateau sommital, nous marchons d’un pied léger pour ne pas effrayer une poule en train de couver.

 

 

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Il reste quelques mètres à grimper avant de nous installer pour un gargantuesque pique-nique faisant honneur aux nectars de la plaine. Sportifs nous sommes mais du genre épicuriens, pas comme ces tartuffes qui calomnient Bacchus mais laissent Tonton Santo et Caca-Cola empoisonner l’humanité.

 

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Nous passons près du rocher que Gibus (qui sera bientôt des nôtres) a fendu en deux avec son couteau suisse, histoire de nous montrer la qualité de l’acier helvète.  Je suis sûr que mon Opinel aurait aussi bien fait mais il n’y avait pas d’autre rocher à couper !

 

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Après quelques instants passés (en rêve) avec les copines de Bacchus, nous prenons le chemin du retour dans l’atmosphère féerique d’une futaie de grands pins et de hêtres. Remercions les arbres sans lesquels la vie n’aurait pas été possible sur Terre. Prenez en un dans vos bras quand vous en  avez l’occasion, vous en serez rasséréné et fortifié.

 

 

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Nous arrivons près du Roc de Lucet où le sentier plonge vers la plaine.

 

 

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Nous nous arrêtons quelques minutes pour jouir de cette vision à l’infini que procurent les randonnées en montagne. Oublions un instant nos écrans de « ploucphones » et nos « tablettes addictives » qui nous emprisonnent dans une virtualité stérile et redécouvrons comme le monde est beau et que cette beauté nourrit et élève notre âme.

 

 

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Peut être que cet arbrisseau perché au dessus du vide capte aussi secrètement cette beauté du monde.

 

 

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Comme ses deux congénères qui semblent danser de joie au dessus du vide.

 

 

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Après une petite heure, nous apercevons le village de St Martin de l’Arçon d’où nous sommes partis.  Il est réconfortant de voir des lieux où la présence de l’homme égratigne à peine la nature sauvage.

 

 

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Et nous retrouvons un antique chemin tracé par les anciens. Nous leur adressons en pensée nos remerciements pour cette belle journée qu’ils nous ont permis de passer.

 

 

 *****          

 

Après avoir passé un moment au paradis en ma compagnie, je vous invite à aller sur mon blog musical  

 Canta-la-Vida      

pour écouter  ma dernière chanson "Mirages"

 

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 Texte & Photos Ulysse


14/06/2019
31 Poster un commentaire

Rencontre franco-belge dans les gorges de l’Ardèche

 

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Le monde suit un cours de plus en plus chaotique : les melons charentais sont cultivés au Maroc, les fraises de Carpentras en Espagne, les camemberts sont pasteurisés et de plus en plus de pays sont dirigés par des responsables, ou plutôt des irresponsables, qui voient le monde comme une cour de récré où ils jouent à celui qui a la plus grosse. Pendant ce temps là le monde vivant périclite et notre belle planète se transforme doucement en enfer. C’est pourquoi, il est fondamental, pour contrer cette funeste évolution de maintenir envers et contre tout nos nobles traditions. Et il en est ainsi de notre rencontre annuelle avec nos amis wallons, gens éminemment pacifiques qui ne torturent que les bouchons, rencontre initiée par notre regretté ami Marc qui reste dans nos mémoires. Cette année, nous avons décidé d’explorer ensemble les gorges de l’Ardèche et nous vous convions à nous suivre afin de célébrer avec nous ce beau moment d’amitié.

 

 

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Ayant descendu un chaotique sentier plein de zigs et de zags qui plonge le long de la falaise longeant la rive droite de cette rivière, nous arrivons sur sa berge  sablonneuse et caillouteuse.

 

 

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Le débit est étonnamment modeste alors que nous ne sommes qu’au milieu du printemps et l’Ardèche n’occupe qu’une partie de son lit, ce qui facilite l’exploration des gorges.

 

 

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Il y a deux façons de les parcourir : pedibus jambis ou, si vous êtes un peu plus aventureux, en canoë.

 

 

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Dans le premier cas, ce sont les jambes qui travaillent et dans le second, les bras. L’autre différence est que dans le second cas, vous risquez, si vous négociez mal les rapides, d’être à l’eau, alors qu’à pied on a la chance d’être au rosé !

 

 

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Mes chères lectrices retrouvent avec plaisir les mollets de mon ami Gibus dont elles ont été privées cet hiver.

 

 

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Quand on voit la hauteur de ces falaises (environ 250 mètres) et que l’on sait que l’érosion fluviale en plaine est en moyenne de 30 millimètres par millénaire on a, ouvert devant soi, un livre d’histoire vieux de dix millions d’années.

 

 

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Les gorges, qui sont une réserve naturelle nationale, abritent une végétation luxuriante et sont un lieu de vie pour de nombreuses espèces animales : Aigles de Bonelli, vautours percnoptères, faucons pèlerins, castors, loutres, circaète Jean-Le-Blanc, magicienne dentelée, chauve-souris...

 

 

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Si le débit moyen de l’Ardèche n’est que de 65 m3/S, elle connaît des crues violentes appelées « coups de l'Ardèche » notamment à l’automne où elle peut atteindre 7 800 m3/s et son niveau monter à la cote record de 21,4 mètres dans les gorges. En témoignent les débris laissés dans les ramures des arbres lors de la dernière crue.

 

 

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On se demande comment les arbres qui colonisent le haut des falaises et plongent leurs racines dans une mince couche de terre arable arrivent à résister aux vents violents qui parfois soufflent sur les hauteurs et à survivre à la canicule et à la sécheresse qui sévissent souvent l’été. Le règne végétal qui a permis à la vie animale de prospérer sur Terre nous survivra.

 

 

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Nous choisissons pour pique-niquer un plan herbeux et fleuri qui offre une vue somptueuse sur les méandres de la rivière. Outre le clapotis de l’eau de la rivière, un doux bruit s’élève en l’honneur de notre belle amitié que je vous invite à écouter:

 

 

 

Après cette musique bacchusienne, nous consacrons quelques instants à la contemplation des frondaisons des arbres qui nous protègent du soleil ardent, nos rêves étant peuplés d’ondines qui vivent le long de la rivière.

 

 

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Mais il est temps de repartir car un long chemin nous attend au fond des gorges et nous ne sommes plus assez sexy pour faire du canoë stop !

 

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Jetons, en passant, un œil sur ces étonnants voyageurs : les cailloux des lits de rivières. Arrachés il y a des milliers, voire des millions d’années, à leur matrice originelle, il sont depuis lors, roulés, déplacés, rabotés par les crues successives. Lors des bas étiages, ils connaissent un peu de répit et restent entassés les uns sur les autres, de toutes formes et de toutes origines, avant de reprendre leur transhumance vers la mer. Ainsi vont aussi nos vies, de ci de là, cahin-caha, roulées par les eaux du destin.

 

 

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La berge sur laquelle on progresse devient de plus en plus sauvage et l’on se sent un peu comme  Pierre Savorgnan de Brazza ou David Livingstone explorant les fleuves africains.

 

 

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Mais ici, aucune mauvaise rencontre n’est à craindre, le seul danger étant de buter sur une souche ou une pierre et de plonger la tête la première dans la rivière.

 

 

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Cet arbuste qui a eu la malchance de naître dans une anfractuosité de rocher, se penche désespérément vers l’eau sans doute pour tenter de s’y désaltérer.

 

 

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La pente s’affaiblissant, le cours de l’eau devient si lent et le reflet du ciel bleu si intense que la rivière en paraît solide comme un ruban d’asphalte. 

 

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Loin des turbulences et des turpitudes du monde, on a le sentiment d’être revenus au paradis. La Terre entière pourrait le devenir si les humains y mettaient un peu de bonne volonté.

 

 

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Le lit de la rivière se rétrécit et la rivière en occupe toute la largeur nous obligeant à grimper sur un promontoire où le sentier par chance se poursuit.

 

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Nous cheminons au dessus de la rivière, admirant le ballet de couleurs qui parcourent les eaux au passage des nuages.

 

 

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Par endroits, les falaises sont percées de baumes (grottes) qui ont probablement servi d’abris providentiels aux humains de la préhistoire qui devaient affronter en ces lieux des animaux féroces, comme en attestent les dessins de félins, d’ours et de rhinocéros qui ornent les parois de la grotte Chauvet toute proche.

 

 

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Notre balade au fond des gorges s’achève et nous allons remonter sur le plateau. Nous jetons un dernier coup d’œil à cette rivière aujourd’hui indolente mais qui,  au cours de sa longue histoire, a occasionné cette majestueuse blessure à la Terre.

 

 

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Le sentier que nous empruntons traverse une zone de micro climat humide qui favorise le développement des mousses qui habillent entièrement les ramures des arbres.

 

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La vue de cette profusion de mousses, les kilomètres de marche aidant, nous fait penser à celle qui accompagne l’une des boissons préférées de nos amis wallons…..

 

 

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que nous vous convions à partager avec nous……

 

 

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Avant de vous dire au revoir et à l’année prochaine !

 

 Je m'absente et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

 *****            

Après avoir mené la vie de château, je vous invite à aller sur mon blog musical   

 

 Canta-la-Vida       

 

pour écouter  ma dernière chanson  

 

"La fille du pasteur" 

 

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 Texte & Photos Ulysse 


31/05/2019
33 Poster un commentaire

Quand un petit loup mène la vie de château !

 

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L’un de nos petits fils, Romain, est descendu pendant les dernières vacances pour respirer à pleins poumons l’air pur du Languedoc et se désintoxiquer du mélange de CO2 et d’oxyde d’azote qu’est devenu l’air parisien.  Il a pu, à cette occasion, vivre la vie de château, en partant à l’assaut des châteaux de Viviourès et de Montferrand, situés dans le secteur du Pic Saint Loup.

 

 

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Le château de Viviourès se dresse sur la partie Ouest de l’Hortus, montagne qui fait face au Pic Saint Loup. Ce château fut édifié au XIIIème siècle sous le nom de château de la Roquette par Guillaume de Pian, chevalier originaire du Roussillon, Sénéchal de Carcassonne. Il servait alors de place forte mais également d’habitation. Il devint la propriété de la famille Lautrec au XVIème siècle, puis fut abandonné. Le nom de Viviourès qu’il porte aujourd’hui viendrait d’une famille dénommée "Bevieures" qui occupa un mas à côté de la forteresse jusqu’au XVIIIème siècle, nom qui viendrait de l’occitan "bien viure" (lieu où il fait bon vivre). Mais il est vrai qu'à cette époque les critères d'une bonne existence n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui. Venait en premier lieu la sécurité alors qu'aujourd'hui on déprime si l'on n'a pas de liaison WI-Fi !

 

 

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Sa position et son allure n’ont rien à envier à celle des prestigieux châteaux cathares, comme notamment Quéribus et Peyrépertuse dénommés citadelles du vertige. Mais contrairement à ces prestigieux sites, il est libre d’accès et relativement peu fréquenté en dehors des week-ends.

 

 

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L’élégance de son architecture surprend en ce lieu sauvage et isolé de toute agglomération. Quand on voit les hideux murs en parpaings bruts dont les Languedociens entourent leurs maisons aujourd’hui, on se dit que l’évolution ne va pas dans le bon sens !

 

 

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Pour y accéder, après avoir emprunté un bon sentier qui vous mène en vingt minutes à une première plateforme, il faut suivre une sente un peu plus sportive qui longe sa face nord et accède en zigzags à la porte d’entrée.

 

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La montée n’est qu’une simple formalité pour Romain qui, à treize ans, accumule  déjà au moins vingt mille mètres de dénivelé dans les gambettes à force de nous suivre dans les randonnées familiales. J’ai beau avoir plus d’entrainement que lui je ne me monte plus aussi vite !

 

 

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La façade sud est percée de larges ouvertures à coussièges (bancs) qui permettaient aux occupants d’admirer à loisir le paysage. Il faut dire que perchés sur ce promontoire il n’y avait guère de distractions dans le château, à part, peut être, d'écouter quelques troubadours qui donnaient l’aubade et aussi de se conter « fleurette » et plus si affinité !

 

 

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Et il est vrai que le paysage que l’on découvre des fenêtres est magnifique car le château fait face au pic Saint Loup.

 

 

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Il comprenait de vastes salles sur deux niveaux qui devaient y rendre le séjour agréable, si ce n’est qu’il fallait prévoir à l’avance le ravitaillement. Cela dit on ne devait pas s’y laver tous les jours vu l’absence d’eau à proximité. Les courants d’air devaient toutefois rendre l’air respirable !

 

 

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Si vous le visitez avec de jeunes enfants, surveillez les de près car les ouvertures dans les murailles plongent vers le vide !

 

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Au loin, à l’extrémité de la crête qui prolonge le pic Saint Loup on aperçoit les ruines du château de Montferrand dont l’ascension est également prévue au programme.

 

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Sa position n’a rien à envier à celle de Viviourès. Edifié au XIIème siècle on peut penser que ses occupants et ceux de Viviourès échangeaient des signaux au moyen de miroirs pour se donner des nouvelles ou s’avertir de la venue de troupes étrangères.

 

 

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En sortant du château de Viviourès et en poursuivant le sentier vers l’Est sur une trentaine de mètres puis en faisant un peu d’escalade (sans grand danger), on a une vue plongeante et impressionnante sur cet édifice.

 

 

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Après nous être rendus en carrosse à St Mathieu de Tréviers,  nous empruntons le chemin qui mène en une heure  au château de Montferrand ! 

 

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Sa position vue du flanc sud est moins vertigineuse que celle de Viviourès. Mais bien qu’en ruine il est plus étendu et imposant avec sa double enceinte. Il a une riche histoire : édifié au XIIème siècle par le comte de Toulouse, il a été confisqué par le pape durant la guerre contre les Albigeois (cathares). Puis pendant les guerres de religion, il est passé aux mains des protestants puis de nouveau dans celles des catholiques. Mais son sort fut scellé quand Louis XIV, ce scélérat qui a ruiné le royaume et chassé les protestants avec la révocation de l’édit de Nantes, autorisa sa destruction au XVIIème.

 

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On découvre hélas qu’il est interdit à la visite car certains murs menacent de s’écrouler, ce que l’a vue des ruines confirme.

 

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Mais la balade jusqu’à l’entrée se justifie car le site est intéressant.

 

 

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Et, cerise sur le gâteau, en grimpant sur le promontoire qui longe les remparts, on a une vue magnifique sur la montagne de l’Hortus .

 

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Ainsi que le château de Viviourès que l’on devine à son extrémité Ouest.

 

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Mais afin que vous ne repartiez pas frustrés de cette visite manquée du Château, je vous fais profiter de photos que j’ai prises il y a quelques années quand la visite était encore autorisée.

 

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Comme vous le voyez il est vraiment dommage que le site ne soit pas réhabilité car il est impressionnant et offre des vues magnifiques sur le Pic Saint Loup.

 

 

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Hélas nous avons en France beaucoup de chefs d’œuvres en péril qui ne bénéficient pas de l’attention de généreux donateurs. Il est bien que Notre Dame de Paris ait fait l’objet d’une sollicitude internationale, mais il ne faudrait pas oublier pour autant des sites plus modestes qui contribuent à l’intérêt touristique des régions un peu oubliées de France.

 

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Au vu de la fissure qui parcourt ce mur je ne lui donne pas longtemps à vivre si rien n'est fait pour le consolider.

 

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Et c’est un miracle que celui ci soit encore debout. Cela montre s’il en était besoin le génie de ses bâtisseurs et il serait bon de leur rendre hommage en préservant leur œuvre.

 

 *****           

 

Après avoir mené la vie de château, je vous invite à aller sur mon blog musical  

 

 Canta-la-Vida      

 

pour écouter  ma dernière chanson 

 

Dis papa pourquoi ? 

 

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 Texte & Photos Ulysse

 


24/05/2019
25 Poster un commentaire

Je vous emmène au paradis….de Sainte Lucie !

 

 

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Dans l’une de ses chansons Michel Polnareff a affirmé que nous irons tous au paradis. Sans attendre la funeste échéance qui nous permettra de vérifier si sa prophétie se réalise, je vous propose aujourd’hui de vous emmener au paradis de l’île Sainte Lucie ! Cette île située dans l’Aude est bordée au nord par l’étang de l’Ayrolle, à l’ouest par celui de Bages-Sigean et à l’est par la mer Méditerranée. Elle est au cœur d’une réserve naturelle régionale qui inclut d’anciens salins en cours de réhabilitation, dont on voit ici l’une des écluses qui permet de réguler le niveau des eaux venant de la mer.

 

 

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Sainte Lucie est située au cœur d’un environnement exceptionnel où se côtoient des espaces et des milieux très diversifiés : espaces naturels et cultivés, plans d’eau, zones humides et garrigues arides, pinèdes et sansouïres. Dans l’antiquité l'île était un lieu d’ancrage pour les bateaux de commerce. Elle abrite les vestiges d'une ancienne chapelle dont elle tiendrait son nom.

 

 

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Cette île est longée au Nord et à l’Est par le canal de la Robine qui rejoint l’Aude ainsi que le canal du Midi au nord de Narbonne.  La Robine, qui emprunte un ancien lit de l’Aude qu’utilisaient les bateaux romains, permettait d’acheminer les marchandises débarquées au port de commerce de Port La Nouvelle. Ce canal n’a plus aujourd’hui  - comme le canal du Midi – qu’un intérêt touristique.

 

 

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On accède à l’île au moyen des passerelles d’une écluse installée sur le canal de la Robine.

 

 

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Il n’y a sans doute pas de métier plus « cool » que d’être gardien de cette écluse car même les bateaux de plaisance ne s’y aventurent pas, ce canal étant une impasse. On y vit hors du temps dans un lieu enchanteur, certes un peu dérangé par les promeneurs du week-end,  mais le titulaire du poste doit être au moins aussi heureux que le cantonnier de Fernand Raynaud !

 

 

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Du chemin qui longe  le nord de l’île on découvre le canal de la Robine qui traverse l’étang de l’Ayrolle.

 

 

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L’île et les zones humides environnantes sont un havre pour les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les insectes.

 

 

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Au printemps les fleurs de cistes qui abondent sur l’île font le régal des insectes butineurs et notamment de ce bourdon roux.

 

 

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De même, une impressionnante abeille charpentière se gave du nectar des fleurs très mellifères d’un arbre de Judée.

 

 

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Dissimulé au cœur du branchage d’un pin, ce criquet espère sans doute passer inaperçu, mais c’est raté !

 

 

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Nous poursuivons notre balade autour de l’île, enivrés par les senteurs de pins et éblouis par la lumineuse « bleutitude » du ciel et de l’étang de l’Ayrole.

 

 

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Au loin, quelques voiles blanches ornent le ruban bleu de la mer.

 

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En ces lieux qui surplombent les étangs environnants d’une trentaine de mètres, la Tramontane, que rien n’arrête,  s’en donne à cœur joie et oblige de vénérables pins à courber l’échine.

 

 

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La ligne de chemin de fer Montpellier - Perpignan qui passe au nord de l’île doit donner le sentiment aux voyageurs de rouler sur l’eau !  Avec la montée des eaux annoncée pour la fin de ce siècle, la ligne devra changer d’itinéraire.

 

 

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L’horizon que l’on découvre sur la cote Sud de l’île est barré par les monts des Corbières et au delà, masquées par les nuées, la chaine des Pyrénées.

 

 

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Un goéland patrouille au dessus des eaux de l’étang de Sigean dont les vaguelettes soulevées par le vent irradient de lumière.

 

 

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Les heures passent vite à contempler ce magnifique paysage que les rayons du soleil déclinant irisent d’or. On aimerait pouvoir rester en ce petit paradis mais notre séjour terrestre nous appelle à d’autres obligations. Mais il est sûr que nous y reviendrons !

 

PS : Si vous souhaitez faire cette facile randonnée cliquez ICI, étant observé que vous n’êtes pas obligé de vous garer à Port la Nouvelle et que vous pouvez emprunter la piste en terre qui longe le canal de la Robine jusqu’à un parking prévu pour les visiteurs de l’île.

 

 

*****         

 

Après avoir passé un moment au paradis en ma compagnie, je vous invite à aller sur mon blog musical

 

 Canta-la-Vida    

 

 pour écouter  ma dernière chanson "Le bar de Trois Rivières"" 

 

L'histoire d'un pauvre bougre qui noie son chagrin d'amour dans le rhum...

 

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 Texte & Photos Ulysse


10/05/2019
26 Poster un commentaire

A l’assaut du Monthaut

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Cliquer sur les photos pour les agrandir

 

Alors que sévissent aux quatre coins du monde des dirigeants tyranniques ou crétins et que dans nos démocraties fragiles des joueurs et joueuses de pipeau nous promettent un monde meilleur à l’abri de barricades, il est réconfortant de pouvoir quelques instants retourner dans un monde serein où la nature est reine et où nous pouvons retrouver l’union avec elle que nous avons rompue, rupture qui nous mène doucement à l’abime.  La vallée de la Buèges, du nom de la modeste rivière qui y prend sa source, et où sont nichés quelques antiques villages comme Pégairolles de Buèges perché sur son promontoire, nous offre ce salutaire retour « aux sources ».

 

 

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Notre objectif du jour est de grimper le Monthaut, modeste mais rugueux et pierreux sommet qui fait face au massif de la Séranne.

 

 

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Notre chemin passe par le mas d’Agre, hameau en ruine dont les vestiges nous laissent admiratifs sur le savoir faire des anciens - qui ne disposaient que d’outils rudimentaires - en matière de construction, comme en tant d’autres domaines. Les techniques des antiques bâtisseurs, que ce soit pour construire une cathédrale ou une modeste,  reposaient sur la maitrise des voutes permettant de défier la loi de la gravité.

 

 

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Si l’on est attentif et pas trop dur d'oreille, on peut percevoir l’écho des conversations qui pendant quelques générations se sont tenues devant ce four « banal ». Nous sommes tous les enfants du feu qui a permis à l’homme de survivre dans un monde hostile en se protégeant du froid et des prédateurs. C’est pourquoi il nous fascine car les flammes ardentes du moindre foyer nous font remonter à l’origine de l’humanité.

 

 

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Mais nous voilà à pied d’œuvre et le moment est venu de grimper ce gros pouding pierreux qu’est le Monthaut.

 

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Vu de loin, il semble usurper sa dénomination, mais son ascension est moins aisée qu’on pourrait le croire. De fait sa carcasse est hérissée d’une succession d’amas rocheux qu’il faut grimper en mode « primate ».

 

 

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En outre le calcaire dont il est constitué se désagrège et il faut soigneusement choisir les roches sur lesquelles on prend appui.

 

 

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Pour parvenir au sommet, on franchit un dernier ressac rocheux en surplomb du vide et mieux vaut ne pas rater la dernière marche !

 

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Mais nous parvenons sains et saufs sur la plateforme sommitale parcourue de fissures et de crevasses qui témoignent de l’ancienneté de ce mont. De fait nous marchons sur un ancien massif corallien laissé par l’ancêtre de la Méditerranée il y a cent cinquante millions d’années.

 

 

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Avant de redescendre dans la vallée, nous  allons parcourir toute la crête qui est parallèle au massif de la Séranne, que l’on découvre sur notre gauche.

 

 

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Nous dominons bientôt le village de Pégairolles de Buèges au pied duquel nous sommes passés ce matin. A chaque randonnée nous sommes étonnés du chemin que l’on peut rapidement parcourir en mettant un pied devant l’autre.  C’est ainsi que l’homo sapiens a conquis la terre il y a cinquante mille ans mais hélas ses descendants ne suivent guère son exemple quand on constate que 40% des trajets en voiture font moins de 2km ! Pourtant marcher à pied c’est bon pour la santé, pour le porte monnaie et pour la planète !  

 

 

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Bien que le paysage soit sublime, nous sommes contraints de regarder où l’on met les pieds vu l’état du supposé « sentier»!

 

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Par endroits la crête se resserre et il faut également faire preuve d’un bon sens de l’équilibre si l’on ne veut pas finir comme Icare.

 

 

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C’est enivrant de cheminer ainsi entre terre et ciel et d’embrasser du regard une vaste partie encore sauvage de notre belle planète.

 

 

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Dans le lointain, estompée par la brume se dresse la dent du Pic  St Loup qui fait face au massif de l’Hortus. Jusqu’à ce sommet emblématique des Montpelliérains il n’y a aucune trace visible des méfaits et blessures que l’homme cause à son berceau céleste et ce spectacle est réconfortant.

 

 

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Par endroits nous regardons avec inquiétude les rochers qui surplombent le sentier. Les racines de ce pin, que le vent ou un oiseau  a fait pousser en haut de ce chaos rocheux, oeuvrent lentement à leur dislocation.

 

 

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Nous jetons un dernier coup d’œil à la vallée avant d’entamer notre descente. C’est toujours avec regret que l’on quitte les sommets que l’on a gravis car on y éprouve un intense sentiment de liberté dû à l’immensité du paysage qui s’offre à nous mais aussi de sécurité car nous nous y sentons hors d’atteinte des dangers et turpitudes du monde dit « civilisé ».

 

 

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Toujours, je m’extasie devant les sculptures créées par le vent, la pluie, le gel et le soleil. Ce sont sans doute les œuvres de la nature qui ont donné aux hommes l’idée de sculpter les pierres. La nature est la plus belle école qui soit à qui sait la respecter et la contempler .

 

 

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De retour dans la vallée, nous prenons le temps d’aller découvrir la source de la Buèges qui jaillit au pied d’un vénérable sycomore qui doit se régaler de ses eaux.

 

 

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Sa limpidité exceptionnelle me donne envie d’en boire et pour qu’une eau me tente il faut vraiment qu’elle soit belle et bonne !

 

 

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 Canta-la-Vida   

 

 où ma dernière chanson postée est "GWADA."

 

 

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 Texte & Photos Ulysse

 


26/04/2019
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