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Randonnées


A l’assaut du Vissou !

 

 

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Pour moi il n’ y a rien de plus réjouissant en me levant que d’avoir devant moi la perspective d’une belle journée de randonnée. Car chaque randonnée est un défi et une aventure. Un défi, car avec les années qui passent inexorablement  - et j’en ai déjà presque 73 au compteur – l’énergie s’amenuise ce qui exacerbe la joie de surmonter les difficultés et amplifie ainsi le sentiment d’exister. C’est aussi une aventure, car les chemins sont riches de découvertes et de lieux, dont la diversité et la beauté nourrissent l’âme, mais aussi parfois de rencontres étonnantes et imprévues. Aujourd’hui, notre objectif du jour est de partir à l’assaut du Vissou, modeste sommet (488m) de la plaine languedocienne, mais dont la pente raide du sentier qui y mène va faire battre la chamade à nos cœurs !

 

 

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Le Vissou, vestige d’un ancien plateau calcaire érodé, abandonné par une ancienne mer, surgit au milieu d’un océan de vignes qui produisent l’un des vins qu’affectionnait le roi Louis XIV. Ce roi qui a ruiné la France a donc enrichi les vignerons du lieu qui lui en gardent une certaine reconnaissance.

 

 

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La très raide grimpette qui mène au sommet ne se prête guère à l’admiration du paysage comme le montre l’extrême concentration de nos épouses plus attentives aux  pierres du chemin qu’à la beauté environnante.

 

 

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A force de mettre un pied devant l’autre et de recommencer, le sommet finit par apparaître, provoquant une émission de dopamine euphorisante dans nos cerveaux.

 

 

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Le sommet est occupé par une harde de chèvres que notre présence indiffère et qui n’entendent pas nous laisser la place.

 

 

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Respectueux de ceux qui pratiquent la sieste, divine tradition, nous ne cherchons pas à les déloger. A vrai dire les cornes qu’elles arborent sont un parfait instrument de dissuasion.

 

 

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Une chèvre me dévisage du regard et je me demande à quoi elle peut bien penser en me regardant. Quel sentiment je lui inspire ? Comme j’arbore un  bouc, peut être me trouve–t-elle séduisant ! Mais bon on en restera là, n’est ce pas !

 

 

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D’ailleurs mieux vaut ne pas trop approcher des biquettes car le mâle dominant du groupe veille et il a des « arguments » qui font que l’on ne tient pas à défier son autorité !

 

 

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Nous laissons donc les chèvres à leur farniente, pour admirer le paysage dans lequel nous apercevons au loin le massif du Caroux, l’un de nos lieux préférés de pérégrinations.

 

 

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Nous poursuivons notre périple en descendant le flanc ouest du Vissou qui nous mène au Vissounet, petit mamelon situé dans le prolongement du Vissou, lieu idéal de pique-nique.  A cet égard, je précise que le choix d’un lieu de pique nique n’est pas une mince affaire et qu’elle se complique en proportion du nombre de convives : car il faut un lieu 1) offrant une belle vue 2) sans vent 3) avec des pierres où l’on puisse s’asseoir 4) et quand il fait chaud, de l’ombre pour ceux qui craignent le soleil 5) et quand le site s’y prête un torrent ou un étang pour ceux qui aiment se baigner. Si jamais un jour j’avais le courage d’écrire un guide, ce serait celui des plus beaux coins de pique-nique que j’ai fréquentés.

 

 

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Le Vissou est un lieu réputé dans la région pour les parapentistes qui viennent y évoluer dès que le vent y est favorable.

 

 

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Nous descendons sur le flanc ouest du Vissounet qui domine une zone où prospèrent les chênes verts. Il est réconfortant de découvrir à quelques encablures des rivages surpeuplées de la méditerranée des zones où la nature est préservée et vous donne le sentiment d’être seul au monde.

 

 

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Ayant contourné le Vissounet par le Sud nous retrouvons une zone de vignes plantées au milieu des cailloux qui illustrent l’extraordinaire capacité d’adaptation  de cette plante qui transforme l’eau et les sels minéraux de la Terre en nectars.

 

 

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Un magnifique chêne blanc a poussé sur le sentier qui longe les antiques murets de pierres qui bordent les terrasses où sont plantées les vignes. L’été venu il offrira aux randonneurs une ombre bienvenue pour y faire une halte.

 

 

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Parvenus presqu’au terme de notre périple, nous faisons halte près d’une capitelle d’où nous admirons  le Vissou  en nous étonnant, comme chaque fois, du chemin que l’on peut parcourir en mettant un pied devant l’autre et en recommençant toute une journée : une journée de bonheur à renouveler !

     

PS : Si vous êtes intéressés par ce circuit, vous le trouverez ICI

 

 

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22/03/2019
22 Poster un commentaire

Jour blanc pour aller au refuge de la Blanche

 

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Celles et ceux qui font ou ont fait du ski savent combien il est désagréable et risqué  de pratiquer ce sport quand le jour est « blanc » c’est à dire quand le ciel est couvert et que le brouillard envahit les pistes. Il faut alors avoir une très grande souplesse et réactivité pour ne pas se laisser déstabiliser par les irrégularités de la piste que l’on ne discerne pas. Quand on fait de la raquette en des lieux où il n’y a pas de piste damée, la difficulté lors des jours « blancs » ne vient pas du relief mais de pouvoir garder le cap que l’on s’est fixé. Sans aucun repère le risque est grand, en effet, de finir par tourner en rond comme les Dupond dans le désert dans « Tintin au pays de l’or noir » ! Aujourd’hui – notre dernier jour de raquette - le jour est malheureusement « blanc », mais il en faut plus pour nous faire renoncer à aller déjeuner, comme tous les ans, au refuge de la Blanche, soit une balade de « santé » de 18 km aller-retour et 500mètres de dénivelé. Quand on aime, on ne compte pas !

 

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Pour nous guider, il y a fort heureusement des bâtons plantés environ tous les cinquante mètres le long de la piste forestière qui y mène mais que l’on peine à discerner et quelques éléments de relief que nous connaissons bien pour avoir effectué ce parcours un grand nombre de fois.

 

 

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Après deux heures de marche, nous apercevons la chapelle de Clausis, ce qui nous confirme que nous sommes sur le bon chemin. Aujourd’hui les lieux de culte sont malheureusement fermés à cause des cancrelats qui les pillent ou les vandalisent, mais dans le passé, quand cette chapelle était ouverte, elle a dû servir de refuge à plus d’un berger, colporteur ou contrebandier (la frontière italienne n’est pas loin) lors d’une tempête inopinée.

 

 

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Nous grimpons en ahanant l’épaule rocheuse où elle est campée, la pente et la neige instable nécessitant un surcroit d’efforts.

 

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Les sommets qui ferment le cirque où est installé le refuge de la Blanche surgissent devant nous comme des fantômes. On a le sentiment que ces milliards  de tonnes de roches flottent dans l’espace ! A vrai dire, c’est toujours un étonnement pour moi de savoir que je marche sur une planète qui flotte aussi dans le vide !

 

 

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Après deux heures trente de marche « au radar » nous sommes soulagés d’apercevoir le refuge entouré de congères de neige.

 

 

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La seule vue de la salle à manger et des cuisines du refuge,  signe annonciateur d’un déjeuner montagnard roboratif, emplit notre âme d’aise. Il en faut peu à l’homme simple pour être heureux !  Pas besoin de villa de luxe, de yacht ou de compte en banque garni ….

 

 

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Un petit coup de blanc ……

 

 

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….suivi d’un verre de rouge  (voire deux) et d’une salade montagnarde suffisent pour être au Nirvana !

 

 

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Après avoir rendu hommage au Génépi de Marc, patron du refuge, nous prenons le chemin du retour ….

 

 

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….que seul les bâtons  qui le bordent matérialisent !

 

 

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Mais après une heure de marche de bâton en bâton à l’aveuglette, le brouillard se dissipe et la couverture nuageuse se déchire laissant apparaître un coin de ciel bleu.

 

 

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Un pâle rayon de soleil illumine la chapelle de Clausis que nous venons de contourner.

 

 

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Nous assistons alors à un fabuleux ballet de nuages poussés par le vent que le soleil, qui sombre derrière la chaine de montagne surplombant le chemin, poudroie peu à peu d’or.

 

 

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Le lendemain matin, nous quittons avec regret Prats Hauts, ce lieu enchanteur en nous promettant d’y revenir l’an prochain. Si mes récits vous ont donné envie d’y aller, cliquez ICI !  

 

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01/03/2019
32 Poster un commentaire

Heureux, comme des enfants, dans la tourmente !

 

 

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Lorsque l’on est enfant, la météo n’a pas d’importance, il fait toujours beau en vacances, même s’il pleut ! Car l’imaginaire de l’enfant l’emporte sur ce qu’il vit,  les flaques que crée la pluie sont des petits lacs où l’on va patauger, la neige est l’occasion de faire des batailles et des bonhommes de neige ou du toboggan ! Le sens du jeu fait oublier le froid. Mais plus on vieillit, plus le monde perd de sa magie, la pluie mouille, la neige gèle les pieds et les mains et salit les chaussures. Pour rester jeune d’esprit, il faut donc retrouver son âme d’enfant et jouir du temps qu’il fait, quel qu’il soit. C’est pourquoi, ce matin où il s’est mis à intensément neiger, incité par François notre guide sans peur et sans reproche, nous n’avons pas hésité une seconde à faire, comme prévu, notre virée en raquettes.

 

 

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Il est vrai que la dynamique de groupe aide les plus timorés à se décider à  affronter les intempéries. Les « hésitants » sont poussés par l’ardeur des plus volontaires. Et puis nous avons payé un forfait pour une semaine de raquettes et le souci de rentabiliser son forfait entre pour certains en jeu ! Une fois dehors, le choc thermique et le fricotis glacial des flocons de neige sur le visage en fait hésiter quelques uns. Mais il est trop tard, sous peine de déshonneur, pour faire marche arrière. La colonne s’ébranle, capuches baissées pour donner le moins de prise à la neige qui tombe presque horizontalement.

 

 

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Et très vite, la magie de la neige opère. Nous entrons dans un conte de fée ! Les arbres, hier sombres et lugubres silhouettes, deviennent de grands derviches tourneurs blancs et un silence céleste règne sur le monde où ne se fait entendre que le crissement ouaté de nos raquettes dans la poudreuse.

 

 

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Peu à peu les branches se chargent de neige jusqu’au point de rupture qui fait tomber sur le malchanceux raquetteur qui passe à ce moment là un tombereau de poudreuse.

 

 

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Les cynorhodons (graines de l’églantier) apportent une note de couleur dans cet univers blanc. Pour le raquetteur qui serait perdu et affamé, sa pulpe acidulée représente une mine de vitamine C, on en fait d’ailleurs une délicieuse confiture !  Quand j’étais enfant (à l’époque on savait jouer avec rien) nous mettions  les poils des graines non encore mures – que l’on appelle à juste titre gratte-cul - dans le cou des copains.

 

 

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La couche de poudreuse commence à être épaisse et réserve des chausse-trappes qui en piègent certains qui se retrouvent le cul dans la neige sous le regard amusé de la troupe ! Et il n’est pas facile de se relever quand le sol se dérobe sous vos mains et vos pieds ! Cela demande une certaine technique : si jamais cela vous arrive, chère lectrice ou cher lecteur, en nous suivant, mettez vous sur le ventre, croisez vos bâtons sur la couche de neige et appuyez vous dessus pour vous relever. Si malgré ces conseils, vous n’arrivez pas à vous relever, laissez moi un commentaire  je viendrai à votre secours.

 

 

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La fatigue se faisant sentir et les efforts ayant creusé notre appétit, nous rentrons déjeuner au chalet alors que la neige continue de tomber.

 

 

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Après le repas, nous sommes un peu moins nombreux à vouloir repartir. La neige continue de tomber à gros flocons et toute trace de sentier à disparu. La confiance totale dans la connaissance du terrain qu’a notre guide fait taire notre inquiétude. En montagne, l’hiver, il n’est pas rare que des randonneurs se perdent dans le brouillard ou la neige et meurent de froid pour ne pas avoir retrouvé le refuge.

 

 

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Nous évoluons dans un paysage de carte de vœux telle qu’on les envoyait avant que ne se développent les tristes courriels ou SMS par internet.

 

 

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Les flocons sont de plus en plus gros et nous donnent le sentiment qu’un essaim d’insectes nous harcèlent le visage.

 

 

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En passant en contrebas d’un mamelon, nous voyons le manteau neigeux se fissurer en raison de notre passage. Ce glissement limité est sans danger mais François nous indique que c’est ainsi que se produisent les avalanches sur les pentes plus accentuées et plus vastes, lors du passage d’animaux ou de randonneurs.

 

 

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Nous nous arrêtons un instant sous le couvert des sapins pour attendre les retardataires qui ont un peu décroché du groupe dans la montée.

 

 

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Nous reprenons notre marche en avant avec de plus en plus de difficulté, la couche de poudreuse approchant les 60 cm et nous obligeant à soulever à chaque pas un  bon kilog de neige, exercice idéal pour les fessiers !

 

 

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Puis vient le bonheur de la descente où une fois la technique maitrisée on a l’impression d’évoluer sur un tapis volant.

 

 

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Mais parfois, comme à skis,  on peut faire l’équivalent d’une faute de carre, la raquette se met de travers et plouf ! on plonge la tête la première dans la poudreuse où l’on disparaît ! Car oui, c’est bien le sommet du crâne d’un raquetteur que l’on aperçoit dans la neige !

 

 

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D’ailleurs après quelques instants, il émerge hilare de la poudreuse sous les regards rassurés et les rires du reste de l’équipe. A cet instant nous sommes une bande de vieux enfants  qui se rient de la tourmente !

 

La semaine prochaine : Jour blanc pour aller au refuge de la Blanche !

 

 

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22/02/2019
35 Poster un commentaire

Toujours aussi beau, le vallon de Clapeyto !

 

 

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Quand on est jeune on se croit invincible et immortel et parfois ce sentiment vous conduit à des actes funestes. Approchant les trois quarts de siècle, je suis un peu plus prudent afin de ne pas donner l’occasion à la Camarde de me faire sournoisement un croc en jambe. Mais il n’est pas question pour autant que je reste vautré dans mon canapé comme une moule sur son rocher.  J’entends profiter pleinement des heures qui me restent et je ne rate pas une occasion d’aller courir les montagnes.

 

 

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Me voici donc une nouvelle fois parti avec des amis pour un séjour « Raquettes » dans le Queyras, notre camp de base étant le paradisiaque gîte-auberge de la Vie Sauvage à Prats Hauts (à proximité de Molines) tenu par Marc et Claudine. Ici on trouve chaleur humaine et toute l’expertise et l’encadrement pour parcourir le Queyras à pieds, en raquettes ou à skis !

 

 

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La vie montagnarde en hiver est rude et les anciens en savent quelque chose qui allaient chercher l’eau, été comme hiver, aux fontaines publiques. Mais à la Vie Sauvage l’hiver devient une saison agréable où après une journée à parcourir les pentes enneigées du Queyras vous rechargez vos batteries (et vos bourrelets) avec le vin chaud et la cuisine du terroir de Marc !

 

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Nous effectuons notre première sortie en direction du vallon de Clapeyto, où nous sommes déjà allés les années passées, mais la nature est comme une œuvre d’art où l’on découvre des beautés cachées à chaque nouveau regard.

 

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Ce matin la sensation de froid est aiguisée par le vent et chacun se recroqueville au cœur de son anorak. Quand on a ainsi à lutter contre les éléments, notre sentiment d’existence s’en trouve décuplé, en particulier quand on a les mains et les pieds gelés !

 

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C’est une balade assez peinarde avec une ascension très progressive qui laisse le loisir d’admirer le paysage. L’avantage de la raquette est que l’on doit tenir deux bâtons ce qui empêche de tenir en même temps un « smartphone », outil diabolique que l’on voit aujourd’hui dans les mains des touristes du monde entier qui passent ainsi leurs vacances à contempler leur écran plutôt que les sites qui les entourent.

 

 

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Nous arrivons près des chalets de l’Echaillon, étape intermédiaire où nous faisons la pause de « dix heures » aussi attendue que le « quatre-heures » par les enfants des écoles primaires. Il est paradoxal que les repas prennent de plus en plus d’importance chez les seniors alors que leur organisme consomme de moins en moins d’énergie !

 

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La contemplation de champs de neige vierges de toute trace est un élixir de jouvence qui nous donne le sentiment de naître au monde.

 

 

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S’il n’y avait pas le pain à aller chercher chaque matin et à condition également que la cave et le cellier en soient bien remplis, je me verrais bien hiberner dans l’un de ces chalets à gratter la guitare. Mais il est possible que les loups, lièvres, chevreuils et chamois  du coin n’apprécient pas mes hululements !

 

 

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Nos ombres glissent en silence sur la neige mais ne se plaignent jamais du froid. Leur passage aura prolongé peut être de quelques secondes la vie des flocons qu’elles auront caressés !

 

 

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Nous attaquons – lentement mais surement – un dernier goulet pentu qui mène au vallon. La montagne est une école d’endurance et de persévérance qui fortifie autant l’esprit que les mollets ! 

 

 

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En montagne il est facile de reconnaître le guide, c’est toujours le type qui sourit même quand la pente est à 40% et qu’il fait moins vingt degrés !

 

 

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Au loin nous apercevons un groupe de raquetteurs qui ne semblent guère plus grands que des fourmis au pied du bien nommé Pic de Roche Noire. Il est sidérant de constater que l’homme, cette minuscule bestiole au regard de la Terre, puisse lui occasionner autant de dégâts en fouillant sans vergogne ses entrailles, en y abandonnant ses montagnes de déchets et en polluant ses océans et rivières.  Mais prenons garde, peut être qu’un jour un « Gulliver » extra terrestre viendra donner des coups de pied dans les fourmilières humaines que sont devenues nos méga-cités, à moins qu’un gigantesque déluge ne vienne tous nous submerger quand auront fondu banquises et glaciers.

 

 

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Mais le cadre idyllique dans lequel nous évoluons, nous fait oublier le sort funeste qui menace l’humanité et que décrivent fort bien Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur essai « Comment tout peut s’effondrer » (Editions du Seuil) à lire et à méditer pendant qu’il est encore temps.

 

 

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Il n’y a rien de plus régénérant et rassérénant que d’évoluer dans un environnement d’une telle pureté, bercé par le crissement ouaté de la neige sous les raquettes .

 

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Nous faisons une dernière halte avant de plonger vers la vallée, dominés par le Pic de Baudouis dont la paroi sud est le lieu de fréquentes avalanches qui rendent dangereux en cas de chute de neige le sentier qui la gravit et que l’on a emprunté le matin même.

 

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La fin de notre périple n’est que silence et volupté dans une ambiance féérique que crée le soleil qui commence à se coucher dans sa couette de nuages mordorés.

 

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Si on ne craignait pas le froid et si la cuisine de Marc n’était pas aussi bonne, nous pourrions être tentés de faire comme ces grands arbres et d’y passer la nuit !

 

 

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10/02/2019
20 Poster un commentaire

Un vieil huron, de la neige, du blizzard et des œufs au bacon, c’est tout bon !

 

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 Etant parti en vadrouille cette semaine dans le « Gaillacois » je n’ai pas pu rédiger de note, aussi je réédite un article posté sur mon ancien blog il y a quelques années, alors que nous étions encore, mes amis et moi, de vigoureux gaillards prêts à affronter les pires  intempéries ! (Article que j’ai actualisé).

 

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La loi générale de l’évolution de l’univers est celle de l’entropie  qui fait, que tout se dégrade, tout fout le camp. C'est la rouille qui ronge le fer, le feu qui s’éteint, la vieillesse qui nous gagne, nos genoux qui se bloquent. En résumé l'entropie fait que tout passe, tout lasse, tout casse, c'est ce qui rend le temps irréversible, les dégradations inéluctables, la mort certaine. Dans une veine plus poétique, l'ami Léo a fait également le même constat dans sa superbe chanson "Avec le temps". Et c’est pour tenter de ralentir cette évolution, qui nous conduit  inéluctablement dans "le trou", si possible en riant et en dansant comme le chantait l’ami Jacques, que nous n’arrêtons pas de grimper les montagnes mes amis et moi. Nous pensons naïvement que plus haut nous serons perchés, plus longue sera la chute ! A chacun ses illusions ! Toujours est-il que nous voilà donc partis, Marie, Ghis, Jean-Mi, Gibus et moi, en ce matin de février,  à l’assaut du Caroux par le col de col de Bertouyre et le rocher de Luchet. A voir le barda que porte l’ami Gibus, vous comprendrez que le Caroux durant l’hiver n’est pas un endroit où l’on cueille des pâquerettes. La météo prévoyant des températures négatives et un vent à décrocher les oreilles, nous emportons un « cubi d’antigel »….Bon, tenant à l’estime de mes lectrices (mes lecteurs sont sur ce point plus indulgents) je précise que je plaisante et que le carton en question contient, non  pas un divin nectar, mais du petit bois pour faciliter le démarrage du feu, vu qu’une épaisse couche de neige recouvre le sommet des montagnes et donc le bois mort qui s’y trouve.

 

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Le chemin qui passe au pied du rocher de la Tour de Guet nous donne le sentiment d’évoluer dans un « shan shui », ces sublimes peintures de paysage de la Chine antique, que les artistes de la Chine « en toc » d’aujourd’hui seraient bien en peine de reproduire. D’ailleurs ce pays qui semble aujourd’hui si menaçant n’est qu’un immense château de cartes qu’une tempête sociale et écologique, un jour pas si lointain, emportera.

 

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Et là nous tombons sur une scène inhabituelle en ces lieux : un panneau signalant des travaux de réfection du sentier ! Et, effectivement, un artisan est à l’œuvre qui remet en état avec art et patience le sentier fortement érodé. Saluons ici l’initiative des pouvoirs publics, pas toujours soucieux dans notre région d’Occitanie du bon usage des fonds publics, comme en témoigne cet article de France bleu Hérault 

 

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Soudain nous entendons un tonitruant « Hugh ! » au dessus de nos têtes. Levant les yeux nous apercevons un vieil huron installé sur la pente et qui contemple l’horizon. « Hugh » lui répondons nous en chœur sans rien ajouter d’autre, n’étant pas familier du wendatA notre grande surprise, il nous réplique dans un français irréprochable : « Oh ! visages pâles, je vous déconseille vivement de grimper là haut aujourd’hui, c’est le grand chambardement ! Vous allez y perdre vos scalps ! ». Personnellement cette perspective ne m’inquiète guère vu que mon scalp est depuis longtemps resté accroché à mon peigne !

 

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Suivant son regard nous découvrons qu’effectivement les cimes sont, pour l’heure, balayées par la Tramontane qui soulève un voile de neige. « Nous sommes habitués et nous allons au refuge de Font Salesse où nous pourrons nous réchauffer » lui répond-t-on.  « Vous êtes courageux et j’implorerai Wacondah afin qu’il vous apporte sa protection. Mais comme aujourd’hui même les dieux sont faillibles, j’appellerai les secours avec mon portable (oui, même les vieux hurons ont des portables aujourd'hui !) si vous n’êtes pas redescendus à 17 heures ». Après avoir remercié ce noble et brave huron pour sa sollicitude, nous poursuivons notre ascension.

 

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Nous arrivons, sous un ciel encore clément, au col de Bertouyre situé à mi-pente. Nous y trouvons les premières traces de neige qui nous signalent que nous venons de franchir l’isotherme zéro degré et qu’il nous faut donc couvrir soigneusement nos extrémités les plus exposées au risque de gel. Il est donc préférable d’avoir satisfait à ses besoins naturels avant cette limite !

 

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 En prenant un peu d’altitude, le manteau neigeux s’épaissit, ce qui crée ce spectacle étonnant - propre aux montagnes méditerranéennes - de forêts de chênes verts arborant un magnifique feuillage, alors que le sol est couvert de neige.

 

 

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Parvenus à l’altitude d’environ 800 mètres, nous abordons un monde plus minéral. Nous sommes encore protégés du vent par le flanc de la montagne mais le ciel noir au dessus de nous, ne présage rien de bon sur ce qui nous attend.

 

 

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Les ramures des bosquets d’arbres dénudés dessinent de superbes arabesques qui illuminent le paysage. Qui osera dire que l’hiver est une triste saison !

 

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Un lapin des neiges nous regarde passer le cœur palpitant craignant de finir ses jours dans une casserole. Mais nous le rassurons en lui disant que nous avons largement de quoi nous sustenter et qu’il n’est pas prévu au menu.

 

 

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Parvenus au pied du rocher du Luchet, je vais rendre visite à mon copain l’arbrisseau, que mes lecteurs connaissent bien, et qui fait vaillamment front aux intempéries en haut de la falaise qui surplombe l’Orb. C’est la grandeur et la servitude d’être un arbre que de ne pouvoir échapper au lieu qu’a choisi pour vous le destin. Il y a aussi parmi les hommes des aventuriers un peu fous comme nous le sommes mais nous pouvons à tout moment rejoindre la chaude compagnie de nos congénères.

 

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 Nous parvenons enfin sur le plateau balayé par le blizzard et nous nous demandons quelques instants si nous n’aurions pas dû suivre le conseil du vieil huron. Mais l’heure sacrée du déjeuner approchant il est trop tard pour faire demi-tour. Nous décidons donc de poursuivre notre périple pour rejoindre le refuge situé non loin de là.

 

 

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La chance souriant toujours aux audacieux, nous tombons sur un arbre mort qui nous tend ses branches secourables pour alimenter notre feu.

 

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Gibus, ayant autant de ressources que les couteaux suisses (c’est normal vu qu’il est d'origine helvète !) utilise sa corde pour nous permettre de tracter plus aisément notre provision de bois. Vous devez penser que je profite habilement  d’être le photographe attitré du groupe pour échapper à cette corvée.

 

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Que nenni ! Ma photo faite, je prends part à l’attelage comme vous pouvez le voir sur cette autre photo prise par Marie. Et ne mettez pas ma parole en doute sous prétexte que l’on nous voit de dos. Vous pensez bien que mes copains, aussi sympa soient-ils, m’auraient mis ce midi là à la  diète si je ne leur avais pas donné un coup de main. L’amitié  n’est pas quelque chose qui va de soi, ça s’entretient !

 

 

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Pendant que nous ahanons sous le poids du fardeau, nos compagnes avancent tranquillement. Mais n’est ce pas quand la force sert la tendresse que le monde devient harmonieux !

 

 

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Nous investissons le refuge et sortons les victuailles liquides et solides de nos sacs. Au menu du jour nous trouvons : vin chaud, potage maison aux légumes, charcuterie, œufs sur le plat au bacon, fromage, pâtisseries, café, thé, chocolat le tout arrosé d’un Bordeaux et d’un vin du Languedoc. Qui dit mieux ? Et c’est beaucoup moins cher qu’à la Tour d’Argent où la tranche de pâté vous est vendue au prix de l’or !

 

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Si vous appréciez les œufs au plat et au bacon cuits au feu de bois, je vous invite à vous dépêcher car il n’en reste que trois dans la poêle !

 

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Pendant que nous déjeunions, le vent a redoublé de violence. Aussi avant de prendre le chemin du retour nous nous emmitouflons pour affronter la tourmente.

 

 

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La porte à peine ouverte, nous comprenons ce qui nous attend.  Des tourbillons de neige soulevés par la Tramontane balaient le paysage. Seul élément un brin rassurant (pas deux ! un !) le soleil arrive à percer les nuées ce qui crée une ambiance féerique.  Courageusement nous nous jetons dans la bataille comme des parachutistes se précipitent dans le vide.

 

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Ayant dévalé le long du rocher du Luchet, nous nous retrouvons à l'abri du vent. En approchant du bord du plateau nous  apercevons la plaine en contrebas, dont la brume qui la recouvre masque toute trace d’habitation. Nous avons le sentiment d’être des explorateurs qui découvrent un continent inconnu.

 

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Ayant basculé vers la plaine nous retrouvons des conditions définitivement plus clémentes et nous sommes heureux au passage de rassurer le vieux Huron sur notre sort.

 

 

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Arrivés au point de départ, le torrent d’Héric nous invite à y faire un petit plongeon, invitation que nous mettons un point d’honneur à accepter. Après le vent glacial du sommet, l’eau nous paraît presque chaude ! Bon j’exagère un peu, mais que vaudrait la vie sans un brin de folie !

 

 

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Mon dernier CD vient d'être publié sur les plateformes musicales dont

 

DEEZER

(cliquez sur le nom)

 

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Texte Ulysse & Photos Ulysse, Jean-Mi (photos datées) et Marie

 


18/01/2019
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